ACTE DEUXIEME
JANIK, à part.
Pour un brave à trois brins, batailleur sans quartier, Mon Dieu! comme c'est donc timide, un flibustier! Je ne peux pourtant pas lui parler la première.
JACQUEMIN, à pirt, la regardant aller et venir.
Qu'elle est gentille! Quels beaux yeux pleins de lumière Comme j'aurais béni le ciel à deux genoux De trouver la pareille en revenant chez nous! Mais non. Je n'étais plus attendu par personne. Ni parents, ni promise , hélas !
JANIK, il part.
Il se raisonne; Car les vrais amoureux sont les plus hésitants. Il va se décider. Mais il y met le temps Tout de même.
Toussotant.
Hcum! heum!
JACQUEMIN, à part.
Mon silence est étrange.
Je le vois bien. Mais quoi? Que lui dire? 0 cher ange, Si j'en avais le droit, combien je t'aimerais!
JANIK, à part.
Il faudra que ce soit moi qui fasse les frais. Ah ! c'est trop fort ! . . . Enfin î ... .
A haute voix.
Vous ne bavardez guères,
Mon cousin.
JACQUEMIN, à vois étranglée.
Non.
Tantôt, en racontant vos guerres, Vous n'aviez pas si peur de desserrer les dents.
JACQUEMIN, mêmejeu.
Sans doute.
JANIK, debout sur un escabei-u, près du buffet.
Aidez-moi donc à mettre là-dedans Ces plats.
Elle lui désigne deux grands plats restés sur la table près de l'âlre
Il faut s'apprendre à faire le ménage.
JACQUEMIN, les apportant, et tout rQuge.
Voilà.
JANIK, toujours perchée sur l'escabeau.
Mais qu'avez- vous? Vous semblez tout en nage. Pour si peu î Ce n'est pas bien lourd, voyons, pourtant.
JACQUEMIN, se passant la main sur le front.
Le cidre, peut-être.