‹ Le flibustier; comédie en vers, en trois actesChapitre 29 sur 58 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

JANIK, à part.

Pour un brave à trois brins, batailleur sans quartier, Mon Dieu! comme c'est donc timide, un flibustier! Je ne peux pourtant pas lui parler la première.

JACQUEMIN, à pirt, la regardant aller et venir.

Qu'elle est gentille! Quels beaux yeux pleins de lumière Comme j'aurais béni le ciel à deux genoux De trouver la pareille en revenant chez nous! Mais non. Je n'étais plus attendu par personne. Ni parents, ni promise , hélas !

JANIK, il part.

Il se raisonne; Car les vrais amoureux sont les plus hésitants. Il va se décider. Mais il y met le temps Tout de même.

Toussotant.

Hcum! heum!

JACQUEMIN, à part.

Mon silence est étrange.

Je le vois bien. Mais quoi? Que lui dire? 0 cher ange, Si j'en avais le droit, combien je t'aimerais!

JANIK, à part.

Il faudra que ce soit moi qui fasse les frais. Ah ! c'est trop fort ! . . . Enfin î ... .

A haute voix.

Vous ne bavardez guères,

Mon cousin.

JACQUEMIN, à vois étranglée.

Non.

Tantôt, en racontant vos guerres, Vous n'aviez pas si peur de desserrer les dents.

JACQUEMIN, mêmejeu.

Sans doute.

JANIK, debout sur un escabei-u, près du buffet.

Aidez-moi donc à mettre là-dedans Ces plats.

Elle lui désigne deux grands plats restés sur la table près de l'âlre

Il faut s'apprendre à faire le ménage.

JACQUEMIN, les apportant, et tout rQuge.

Voilà.

JANIK, toujours perchée sur l'escabeau.

Mais qu'avez- vous? Vous semblez tout en nage. Pour si peu î Ce n'est pas bien lourd, voyons, pourtant.

JACQUEMIN, se passant la main sur le front.

Le cidre, peut-être.

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