‹ Le flibustier; comédie en vers, en trois actesChapitre 30 sur 58 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

J A N I K , toujours sur l'escabeai.

Oh ! On n'en a pas bu tant !

Et puis, il ne doit pas donner si triste mine, Puisqu'il ressemble, quand le soleil l'illumine, Aux cheveux d'or...

Elle saute à terre en s'appuyant sur Vépaule de Jacquemin JACQUEMIN, vivement.

C'est vrai, comme les vôtres, oui.

JANIK, rieuse.

Tiens ! voilà la raison de votre air ébloui ?

JACQUEMIN

Oui, c'est!...

A part, ave3 douleur.

Ah ! ne pouvoir avouer que je l'aime !

JANIK.

Mais vous étiez tout rouge et vous voici tout blême. Pourquoi ?

JACQUEMIN

Je ne sais pas.

JANIK, modestement.

Peut-être vous trouve Que je vous parle avec des mots peu réservés. Que je suis curieuse et bavarde ?

JACQUEMIN

Non, certes.

JANIK, de loin.

Dites-moi, mon cousin, pendant les nuits désertes. Là-bas, quand vous étiez à la barre tout seul, A quoi pensiez-vous?

JACQUEMIN

Mais..., au pays..., à l'aïeul, Au vieux ciel de Bretagne..., à la maison laissée...

Et... c'est tout?

JACQUEMIN, après un silence.

* Oui.

JANIK.

Jamais à votre fiancée?

JACQUEMIN, d'un air contraint.

Si, si, bien sûr.

JANIK, se rapprochant un peu.

Et vous n'entendiez pas, souvent, La chanson que le soir elle chantait au vent, Lui confiant son cœur avec sa ritournelle Afin qu'il les portât jusqu'à vous sur son aile?

Janik!...

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