‹ Le flibustier; comédie en vers, en trois actesChapitre 43 sur 58 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LEGOEZ, PIERRE, JANIK, MARIE-ANNE.

Au lever du rideau, Legoëz, Janik et Marie- Anne sont dans la même attitude qu'au début du premier acte. Pierre se promène de long en large.

LEGOEZ, regardant la mer, puis les gens.

Un fameux temps ! La mer au large est un peu grise ; Mais c'est bon pour la pêche, avec deux doigts de brise.

Voyant qu'on se tait, à part.

Allons, j'ai beau parler, personne ne répond. Cargaison de muets ! Motus dans l'entrepont.

A haute voix .

Ah ! ça, vous avez donc bien peur d'user vos langues, Vous autres ?

A Pierre.

Toi, tu vas, là, tu roules, tu tangues !

Eh ! bon Dieu ! file-moi du câble à ton bossoir, Et jette l'ancre, c'est-à-dire viens t'asseoir.

A Janik, qui s'absorbe dans San travail de dentelière.

Et toi, fillette, tu te crèves les prunelles

Sur ton travail. Au moins, chante des ritournelles,

Comme autrefois.

JANIK.

Je n'ai plus le cœur aux chansons.

LEGOËZ.

Mais enfin; tous, à quoi pensez- vous?

JANlK, timidement.

Nous pensons..

MARIE-ANNE

Au pauvre diable.

LEGOËZ.

Encor î C'est donc une gageure !

Vouloir que ce forban, ce gueux...

JANlK.

Puisqu'on te jure

Qu'il était innocent.

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