ACTE TROISIÈME
LEGOËZ.
Innocent ! C'est trop fort.
MARIE-ANNE
J'ai raconte la chose à Pierre, et sans effort Il a compris.
Fut coupable.
PIERRE
C'est vrai. La seule destinée
JANIK, à son grand-père.
Tu vois !
LEGOËZ, se levan'.
Tu n'es qu'une obstinée.
A Marie-Anne qui fait un geste.
Vous aussi. Quant à Pierre, il est trop bon, vraiment.
Coupant la parois à tous, qui veulent insister.
Non, laissez-moi tranquille, avec ce garnement. Je l'ai chassé, maudit. Il a ce qu'il mérite. Tant plus on le défend, tant plus cela m'irrite. Et si vous ne pouvez parler que de cela, Eh bien! vous faites mieux de vous taire, voilà !
A son tour il se met à marclier en long et en large, au milieu du silence général puis, s'arrèlant soudain.
Bon ! maintenant, c'est moi la barque démarrée Qui va de long en large au gré de la marée !
Et je viens ! Et je vire ! . . . Ah ! c'est trop bête, aussi ! Peste soit du coquin qui nous met en souci Quand nous devrions tous avoir le cœur en fête ! Quoi ! L'absent nous arrive, avec fortune faite, Comme dans ta chanson, hein ! Janik, tu m'entends ! Nous n'aurions plus qu'à rire et prendre du bon temps ; Lui, boire à ses amours, et nous, à sa vaillance ; Et nous nous regardons en vrais chiens de faïence. Dire que c'est sa faute, à ce voleur de nom ! Et l'on veut qu'à présent je lui pardonne... ! Oh ! non ! Et l'espérer, c'est la démence des démences. Car je prétends...
JANIK.
Tu vois, c'est toi qui recommences.
LEGOËZ.
Eh bien ! J'ai tort. Parlons d'autre chose, en effet. Tiens, redis-nous plutôt, toi, comment il se fait Que tu cherchas fortune aux mines du Mexique, Et que, parti marin, tu nous reviens... cacique ?
PIERRE
Je voguais sur un bout d'aviron, quand passa Ce navire anglais.
LEGOËZ.
HonI Je n'aime pas biençà, Anglais !
PIERRE
Il m'a sauvé la vie.