ACTE TROISIÈME
Comment après l'aveu. . . ?
JACQUEMIN
Cet aveu, justement, Jai réfléchi. Merci de ce bon mouvement! On m'accusait à faux, et d'un crime effroyable; Brave, vous avez eu pitié du pauvre diable; Alors vous avez dit, pour calmer ma douleur... Mais si j'en abusais, je serais un voleur.
MARIE-ANNE
Vous êtes un vaillant garçon .
JANIK.
Mais, voyons, mère, Il se trompe, il se forge une horrible chimère, Tu lésais bien. Ce n'est pas vrai. Toi, parle lui. Ce qu'hier je pensais, je le pense aujourd'hui.
JACQUEMIN, suppliant.
.lanik!
JANIK, toujours à sa mère.
Il n'ose pas me croire; mais toi-même Dis-lui donc qu'il le doit, et que tu veux qu'il m'aime .
Voulant courir à lui,
Jacquemin !
MARIE-ANNE, s' interposant.
Jacquemin, vous avez entendu.
Ohl pardon! J'ai mal fait de venir. J'aurais dû M'embarquer, fuir ainsi qu'un passant qu'on oublie. Car cet amour, Janik, c'est crime et c'est folie. Ecoutez-moi. J'ai peur de vous peiner vraiment. Je voudrais m'expliquer et je ne sais comment. Oui, je vous aime, et du plus profond de mon âme; Mais quoi ! Rien que de vous l'avouer, c'est infâme, Puisque Pierre est vivant, lui, votre fiancé, Mon ami.
Voyant quelle va l'interrompre.
Laissez-moi, puisque j'ai commencé, Laissez-moi tout vous dire, et quel sort fut le nôtre. Et comment on s'est pris d'amitié l'un pour l'autre, A toujours batailler côte à côte tous deux. Et qu'entre nous, malgré tant de jours hasardeux. Jamais on ne connut la haine ni l'envie. Et que l'on a vécu cinq ans de cette vie, Braves, partageant tout, les biens comme les maux, Et qu'on s'aimait ainsi que des frères jumeaux, Et que je ne peux pas... Tenez, je vous fais juge. Que votre loyauté, Janik, soit mon refuge. Dites, dites vous-même...
JANIK, épordue.
Ohl non, non, par pitié!
JACQUEMIN
Dites, que je ne peux trahir cette amitié,