‹ Le flibustier; comédie en vers, en trois actesChapitre 55 sur 58 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

La seule chose ici que je dise et maintienno. C'est qu'à mon amitié tu fis faillir la tienne, C'est que, les souvenirs dont nous étions liés, Ton mauvais cœur les a lâchement oubliés. Jacquemin. Jacquemin, je t'ai connu si brave ! Et lu t'es conduit là comme un pilleur d'épave. Et non pas mémo encor, mais comme un aigrefin, Comme un voleur, comme un...

JACQUE3IIN, éclatant.

Ah ! c'est trop, à la fin J'étouffe. Je ne peux subir un tel outrage Je n'ai pas mériié... Là, devant elle !... 0 rage ! Tiens, sortons 1 Battons-nous plutôt ! Égorgeons-nous !

PIERRE

Soit !

M A RIE- ANNE, se jetant entré eux.

Pierre !

JANIK, môme jeu.

Jacquemin, je t'en prie à genoux.

M A RIE- ANNE, à Pierre.

Je vais vous dire...

JANIK, môme jeu.

Moi, Pierre, voici la chose...

JACQUEMIN

A quoi bon lui parler, vous deux, puisqu'il suppose Que je suis lâche et traître, oui, moi, son Jacquemin, Moi qui jadis deux fois l'ai sauvé de ma main. Moi qui lui dois aussi la vie à trois reprises. Et c'est moi cependant qu'à ce point tu méprises,

De croire que j'ai pu trahir notre amitié! Ah! tu ne m'as pas vu, je t'aurais fait pitié, Quand j'ai compris soudain que naissait dans mon àmi Cet amour, quand j'ai dit à Janik : C'est infâme! Quand je l'ai de mon cœur arraché sans merci. Oui, dans l'instant, mon Pierre, où tu rentrais ici. Par un suprême effort à te rester fidèle. Bravement, pour jamais, je m'enfuyais loin d'elle; Et tu n'as pas le droit de m'insulter autant, Car je suis aimé, j'aime, et je m'en vais pourtant.

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