ACTE TROISIÈME
LEGOÊZ, lui o£frant l'autre main.
Vous pouvez, pardieu, prendre la paire.
Réfléchissant brusquement.
Quoique, après tout, me dire ainsi bonjour , grand-père, Quand on n'est pas mon gas, cela ne se fait point.
JANIK.
Mais il ne l'a pas fait.
LEGOËZ.
Mais à brùle-pourpoint.
Eh! je le vois encor, l'autre soir, quand il entre, En me disant : Bonjour, grand-père!... Mais, que diantre. Je ne m'y serais pas trompé si tout d'abord 11 ne m'eût dit : Bonjour, grand-père.
JANIK.
C'est trop fort.
LEGOËZ.
Oui donc, c'est fort. Entrer hardiment par ma porte Et me dire...
C'est toi...
MARIE-ANNE
Laisse, Janik. Qu'import ?
Il n'en est pas moins vrai que c'est un brave gas, Allez, grand-père.
JANIK.
Oh! oui, vois-tu.
LEGOËZ.
Mais, j'en fais cas.
MARIE-ANNE
Et généreux 1.
JANIK
Et boni...
MARIE-ANNE
Si vous saviez !.
JANIK.
LEGOËZ.
Écoute 1...
Ah ! si vous êtes deux à me larguer l'écoute,
Tenons-nous droit. Les mots vont pleuvoir comme un grain.
JACQUEMIN
Ma seule qualité, c'est d'être un bon marin.
LEGOËZ.
Ah! ah! Ça qui me plaît, mon ami. Mais, au reste, Je m'en doutais. Son pas d'aplomb, sa voix, son geste, Sa façon d'être gai quand il parle du flot!... Cela crève les yeux, qu'il est fin matelot.
JANIK, très vivement.
N'est-ce pas, grand-père?
LEGOËZ.
Ouais! Matin, quel museau rose!
Est-ce que?...
Échangeant un regard avec Marie-Anne.
Diable! Au fond, j'y suis pour quelque chose.