‹ Le flibustier; comédie en vers, en trois actesChapitre 58 sur 58 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

A l'abordage, c'est moi qui les ai lancés. Comme ils auraient été gentils en fiancés I

A Janik, haut.

Tu lui trouves bon air, hein ?

JANIK, rougissant.

Oui, l'air doux et grave.

LEGOËZ.

Grave... et doux, tu Tas dit, fillette.

A Jacquemin.

Alors, mon brave.

Tu l'aimes, toi, la mer, tu l'aimes?

JACQUEÎHIN.

Oui, ma foi !

LEGOËZ.

Ah ! pourquoi mon garçon n'est-il pas comme toi ? Pourquoi s'est-il là-bas pris d'amour pour la terre ?

A Pierre, qui est resté jusqu'alors immobile et rêveur près de l'àtre.

Que veux-tu, toi, c'est vrai, je ne peux pas me taire; J'en ai la bouche amère et le cœur gros d'ennui Que tu sois un terrien.

Montrant Jacquemin.

A la bonne heure, lui !

PIERRE, s' avançant et très ému.

Ah ! je ne t'en veux pas, de l'aimer. Au contraire. Aimez-le tous. Je l'aime aussi. Pardonne, frère, Si je t'ai tout à l'heure outragé sans raison. Pardonne et reste, ami. Reste en cette maison

loi LK FLIBUSTIER

Où ton départ ferait répandre trop de larmes. Restes-y près de moi, ton vieux compagnon d'armes ; Près du grand-père, dont l'espoir aura fleuri ; Car Janik n'aura pas un terrien pour mari ; J'avais des droits sur elle, et je les abandonne.

Montrant Jacquemin.

Le mari qu'elle avait rêvé, je le lui donne.

Quoi! Pierre, il se pourrait, vraiment...!

JANIK.

Pierre, oh! merci!

LEGOËZ.

C'est bien, ça, mon enfant. Je me disais aussi... !

MARIE-ANNE

Je vais vous expliquer...

LEGOËZ.

J'y vois clair, Marie-Anne.

Mais après çà, je veux que le bon Dieu vous damne Si la mer vous inspire un propos hasardeux. On n'espérait qu'un gas. Elle nous en rend deux.

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