LES TRÉSORS
Saint-Martin-le-Mault (Haute-Vienne) était, d'après les habitants, une cachette où des gens qui étaient cachés furent surpris par les Sarrasins qui les massacrèrent tous ; leurs ossements sont encore dans leur retraite, qui est redoutée par les paysans des environs 1 . Ceux du voisinage de la Motte aux Caves-Fort, qui s'appelle aussi le Château Robin, regardent avec terreur des caves très anciennes et assez compliquées qui se trouvent au-dessous, et ils en ont fait l'habitation du diable L
Les paysans de Desnié, commune de La Reid (prov. de Liège), racontent que, certaines nuits, ils ont aperçu les légions romaines défiler sur la chaussée d’une ancienne voie romaine, nommée La Vecquée. Le cliquetis des armes était bien perceptible, et chose singulière, les pieds des soldats 11e foulaient pointla chaussée, mais semblaient s’agiter à quelques centimètres du sol, sans jamais le toucher; on eût dit des fantômes marchant sur des nuages à ras terre3.
Les monuments dont la forme 11e rappelle ni des temples ni des habitations paraissent avoir peu préoccupé les paysans et je n’ai pas retrouvé à l’époque moderne des explications dans l’esprit de celle qui fut notée par un voyageur du XVIIe siècle: A Arles se trouve une pyramide de pierre dure, située hors de la ville, dans un lieu appelé la Roquette, c’est-à-dire petite roche. Lès habitants soutiennent qu’elle avait jadis soixante pieds de haut ; elle n’en a maintenant que vingtquatre. On prétend que c’était un autel sur lequel on immolait à Diane deux jeunes gens dont on répandait ensuite le sang sur la foule 4.
Les légendes les plus nombreuses qui s’attachent aux ruines antiques, et leur sont communes avec beaucoup d’autres endroits remarquables, sont celles qui placent dessous des richesses considérables, mais en général difficiles à acquérir : une charrette ne saurait sortir du camp vitrifié de Péran, près de Saint- Brieuc, qui recèle d’immenses trésors, sans passer sur une barrique d’or3. A Trizac, dans le bois de Marlhiou, où se trouvent plusieurs entassements de terrain, restes d’une cité gauloise, Cottenghe, d’invisibles trésors ont été laissés à la garde des couleuvres. Un Jeudi saint, une pauvre femme vif deux serpents sortir des décombres, portant chacun un anneau d’or au cou. La vieille, les ayant laissés s’éloigner, fouilla juste au point où elle les avait aperçus d’abord et découvrit un grand vase rempli de pièces d’argent. Elle le porta toute tremblante à l'église, et le posa sur l’autel ; le lendemain, le trésor était intact ; mais les couleuvres qui avaient voulu le reprendre pendant la nuit furent trouvées mortes près du bénitier 6. Suivant une