‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 115 sur 503 · LA DÉLIMITATION ET LE CHOIX DE L’EMPLACEMENT · texte numérisé non relu

LA DÉLIMITATION ET LE CHOIX DE L’EMPLACEMENT

Plusieurs légendes racontent dans quelles circonstances, souvent assez singulières, fut accordé le terrain nécessaire à la construction d’une église, d'un couvent et de leurs dépendances. Quelques-unes rappellent le trait de la peau de bœuf coupée en courroies qui servit à délimiter l'emplacement de Byrsa, la citadelle de Carthage ; mais jl est rare qu’elles s’en rapprochent autant que la tradition suivant laquelle le comte de Cornouaille, ayant été soigné par saint Galonnek, lui concéda toutes les terres cultivables qu’il pourrait enfermer dans les lanières de sa robe déchirée pour panser la blessure, chaque lanière dût-elle n'avoir qu’un fil1.

Bien plus fréquente est la donation comprenant seulement le terrain qui, dans un temps déterminé, sera cultivé ou clôturé : un miracle permet aux saints de s’emparer d’un espace beaucoup plus grand que celui que les donateurs avaient l’intention de leur concéder. L’évêque saint Faron ayant accordé à saint Fiacre toute l’étendue de la forêt qu’il pourrait, à lui seul, bêcher en un jour, celui-ci commença à ouvrir la terre avec une bêche, et voilà qu’à sa seule présence les arbres s’abattaient d’eux-mêmes pour agrandir la concession 2. Lorsque le seigneur de Quelen eut fait don à saint Hernin, pour bâtir son ermitage, de toute la terre qu’il parviendrait à enclore en une journée, le saint prit son bâton et marcha une demi-lieue devant lui, après quoi il revint à son point de départ par un circuit ; partout où il traînait son bâton les fossés s'élevaient. Saint Gouesnou, en un cas analogue, se sert d’une fourche 3. Les habitants de Diélelte accordèrent à saint Germain, pour bâtir une église et ses dépendances, l'espace qu'il parviendrait à entourer d'un sillon de charrue avant le déjeûner ; il promena sur la terre son bâton qui creusait un sillon aussi profond que si le soc y avait passé 4. Le roi breton Judicaël donna à saint Méen, qui était venu

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