‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 127 sur 503 · Paul Sébillot. Petite légende dorée , p. 95-91 et · texte numérisé non relu

Paul Sébillot. Petite légende dorée , p. 95-91 et

LES ÉGLISES

se trouvait dans une chapelle élevée près du château par la piété de ses ancêtres, apparut aussitôt au milieu d’une épine blanche plantée au bord du grand chemin, prés de son protégé expirant. Quand on voulut rendre les derniers honneurs au sire de Nignon, on emporta la statue ; mais par trois fois, elle revint dans l’épine. C’est alors qu’on lui fit bâtir une chapelle en ce lieu1. Celle de N.-D. du Nid de Merle, dans la forêt de Rennes, fut érigée à la suite de la découverte dans un nid de merle d’une statuette de la Vierge qui jetait une céleste clarté ; transportée à l’église paroissiale, elle retourna par trois fois au nid, dans le voisinage duquel on finit par lui construire un sanctuaire2.

On rencontre à peu près dans toute la France des églises ou des chapelles qui ont été élevées à la suite de la découverte par des animaux de statues enfouies sous la terre ; comme les légendes présententuneassezgrande uniformité etne diffèrent que par les détails, je me contenterai d’en rapporter quelques-unes : Un berger avait observé qu’un de ses moutons par plusieurs fois se reliroit du troupeau et couroit en un lieu près de la pâture, et là, de pied et de cornes frappoit et fouilloit la terre, puis étant las se couchoit ; ce mouton ne prenoit aucune nourriture et étoit néanmoins le plus gras de la bergerie ; le comte du Bessin croyant que ce lui étoit avertissement du ciel se transporta sur le lieu accompagné de sa noblesse et d’un saint hermite avec le peuple qui y accourut des lieux circonvoisins. 11 commanda de parachever la fosse que le mouton avait commencée, et on y trouva l’image de Nostre-Dame, et l’on construisit la chapelle de N.-D. delà Délivrande3. Un bouvier d'Qdello ayant remarqué la persistance de l’un de ses taureaux à s’approcher d’une fontaine, trouva une statuede la Vierge pnfouie parmi les ronceset lesépines ; on y éleva une chapelle qui est devenue célèbre sous le nom de Font-Roméu 4 5. D’après une tradition angevine, une bergère voyant depuis longtemps qu’une de ses brebis, qui, au lieu de brouter l’herbe s’obstinait à lécher une énorme pierre à demi enfoncée dans le sol, était la plus grosse du troupeau, consulta le curé de sa' paroisse; celui-ci rassembla le clergé des environs et la pierre fut levée solennellement ; elle recouvrait les reliques de saint Tibère ; on les recueillit avec respect et plus tard une chapelle s’éleva sur le lieu où elles avaient été miraculeusement retrouvées K.

Quelquefois la divinité parle pour manifester son désir : Un berger

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