LES STATUES INDIQUANT L’EMPLACEMENT
Des légendes encore plus répandues racontent que des statues, trouvées miraculeusement, quittent l'endroit où la piété des fidèles les avait déposées, pour se rendre à celui où elles veulent qu’on leur érige un sanctuaire. Un ermite qui avait établi sa cellule dans une forêt des Vosges, possédait une madone en bois grossièrement sculptée ; on cessa de le voir, et la statuette disparut en même temps que lui ; bien des années après, on la retrouva fortuitement dans le creux d'un arbre. Les paroissiens de Fontenay-le-Chàteau l’emportèrent procession nellement dans leur église ; mais la statuette retourna d’elle-même à l’arbre où elle avait été retrouvée, et elle y revint encore deux fois ; c’est alors que les habitants, jugeant que la Vierge désirait se fixer en ce lieu, résolurent de lui élever une chapelle1. Des pêcheurs, ayant ouvert une grande caisse en bois qui avait été jetée par les flots, sur la grève de Prunetta, y virent une Vierge qui paraissait animée, et était éclairée par quatre cierges que le vent ne pouvait éteindre. Les habitants de Cervione la transportèrent en grande pompe sur un plateau en face de la ville, avec l’intention de lui ériger là une chapelle ; le lendemain elle était sur le sommet du pic voisin ; ils la descendirent, mais elle disparut de nouveau et alla se replacer sur le rocher. Après une seconde descente, la Vierge remonta encore, et l’on se décida à construire à l’endroit qu’elle semblait avoir choisi2.
Lorsque la statue de N.-D. de Brébières eut été découverte par les brebis qui s’engraissaient merveilleusement en broutant l’herbe qui couvrait la place où elle était ensevelie, on la porta solennellement dans l’église paroissiale d’Ancre ; le lendemain, elle avait disparu, et on la retrouva dans un coin isolé de la ville, tout près de la rivière ; reportée à l’église trois fois, elle la quitta pour aller se placer à l’endroit où l’on construsit N.-D. de Brébières3 4.
Plusieurs des églises sous le vocable de N.-D. de l’Epine, ou auxquelles se rattache la légende, très répandue en France, de la statue trouvée dans cet arbuste, ont été bâties à la suite d’indications analogues données par l’effigie de la Vierge ; rien qu’en Haute-Bretagne, on en rencontre cinq ou six . Une légende de Basse-Normandie, présente quelques circonstances intéressantes. Le seigneur de Nignon revenait d’un voyage lointain, et sa femme était allée au-devant de lui en compagnie d’un homme qui l’avait séduite pendant son absence. Lorsque selon l'usage, on fit une décharge en son honneur, le seigneur fut trappé par l’amant de sa femme qui avait chargé un fusil à balle, et en tombant il s’écria : « Notre-Dame, secourez-moi ! » La statue, qui