Galeron, in Antiq. de l'Ouest , t. II, p
4. Fréminville, in Antiquaires de France , t. Il, p. 188 ; G. Fraysse. Le F.-L. du Baugeois, p. 12.
5. A. de Mortillet. Még. du Calvados , p. 4 ; Van Bastelaer. Une légende du diable au pays de Chimay, p. 9; Ph. Salmon. Dict. arch. de l’Yonne , p. 75; L. Bousrez. Még. de la Touraine, p. 49 ; Gambry. Monumens celtiques , p. 211 ; Fleury. Ant. de l'Aisne, t. I, p. 100; Léon de Vesly. Légendes, fasc. Il, p. 6 ; Mistral. Trésor.
6. Le nom de Pierre qui tourne ou Pierre tournoire est assez fréquent en Normandie; M. L. Coutil en a relevé 171, qui s'appliquent assez souvent à des menhirs, et parfois à des dolmens ou à des pierres de nature incertaine. Une pierre tournante est signalée sur un titre de 1447, et une pierre qui tourne sur un autre en 1483. (Les presqu'îles de la Courbe , 1906, in-8°, p. 4-5).
LES MENHIRS
Ja Pierre de David à Cangy tourne ; dans les Landes Peyre-Lounque saute douze fois, comme la Pierre à Midi, ou la Roche qui tourne à Treigny dans l’Yonne. La Pierre du Coq à Echemiré (Maine-et-Loire) pivote sur elle-même quand ie coq chante. Un menhir près du village du Perron (Orne) ceux de Culey-le-Patry, de la Pierre Tournante et de la Roche folle dans l’Àvranchin tournent trois fois lorsque le coucou chante pour la première fois L Un menhir, dit la Pierre Tournante, entre Echiré et Saint-Maxire (Deux-Sèvres) se met à tourner si un voleur passe auprès1 2.
Certains menhirs vont se désaltérer pendant la nuit de Noël ; quelques-uns ne peuvent étancher leur soif que tous les siècles, et à minuit sonnant, comme celui de la Bouëxière et les pierres de Plouhinec: quand celles-ci vont boire à la rivière d’Intel, elles laissent à découvert des trésors ; mais elles reviennent si vite à leur place qu’il est presque impossible de les éviter, et qu'elles écrasent le chercheur, à moins qu'il n’ait sur lui une branche de l’herbe de la croix, entourée de trèfle à cinq feuilles. Le peulvan encastré dans le mur du cimetière de Pontivy va boire au Blavet et découvre aussi un trésor ; les pierres de Carnac courent se baigner dans la mer3. Il est dangereux de vouloir s’assurer de la réalité de ces déplacements : un homme qui avait essayé de voir si un menhir voisin de Jugon (Côtes-du-Nord) allait boire à l’Arguenon, ne reparut jamais4 5.
Alors qu’on a relevé en d’autres pays de France et en Wallonie, des gestes analogues attribués à des roches naturelles, (cf. t. I, p. 327) on n’a constaté, en dehors de la Bretagne, qu'un seul exemple de menhir altéré: la Pierre Cornue de Condé-snr-Laison (Calvados) descendait pour y boire à une grande fontaine située à quelque distance, au premier chant du coq, à minuit B.
On attribue un rôle fatidique analogue à celui de certains blocs naturels (cf. 1. 1 p. 330) à deux menhirs, appelés les Deux Sœurs, placés l’un près de l’autre à La Gabarrède, dans le Tarn ; ils se meuvent, et quand ils seront arrivés au haut de la montagne, le monde finira ; il en sera de même quand aura disparu complètement sous le sol Je menhir du Champ-Dolent, et quand tombera la pierre de Hollain, près de Tournai 6.
1. M. de Gessac. Még. de la Creuse , p. 27 ; L. Bousrez. Még. de la Touraine , p. 49 ; J. de Laporterie, in lieu, des Trad. pop., t. 111, p. 618 ; Ph. Salmon. Dict. arc/i. de L'Yonne , p. 149; G. Fraysse. Le F.-L. du Baugeois, p. 12; L. Coutil. Még. de la Manche, 1896, in-8°, p. 21, 23, 24.