‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 15 sur 503 · Amélie Bosquet. La Normandie romanesque, p · texte numérisé non relu

Amélie Bosquet. La Normandie romanesque, p

6. Rev. des Langues romanes, 2e s., t. 111, p. 34; P. Bézier. Még. de l'Ille-et- Vilaine, p. 52 ; A. Harou, in Rev. des Trad. pop., t. V, p. 231.

MERVEILLES ËT TRÉSORS

Quelques menhirs ont le privilège detre' sonores. La plus grosse pierre du cromlec’h des Forges à Montguillon, la maîtresse pierre de l’alignement de Rennefraie (Maine-et-Loire), Pierre-Bise à Boissy-le- Sec i Eure-et-Loir) renferment des horloges qui sonnent les douze coups di‘ minuit. Les anciens prétendent qu'en appuyant l’oreille sur le menhir de la Pierre sonnante au Petit-Auverné et sur l’un de ceux de Saint- Au bin-les-Châteailx on entend sonner l’heure. La Rocque qui sonne à Guernesey rendait lorsqu’on la frappait un son clair comme celui d une cloche1. Les paysaiis^ui s’appliquent l’oreille sur le menhir de Mesnil Briouze croient entendre le bruit de la mer, avec laquelle, disent-ils, elle est en communication. A minuit, la pierre qui pousse des environs de llarn gémissait et se lamentait 2.

1) apres des croyances peu nombreuses, on peut voir auprès des pierres debout des comestibles ou des objets déposés par des personnages mystérieux. Chaque matin avant le lever du soleil, on trouve au pied de Pierre-Fite, à Allan t-sür-Tholon, une bouteille de vin et un moiceau de pain , sur une autre pierre près Aillant, on voit un gâteau

et un plat pour l offrande, pendant l’évangile de Noël et celui de Pâques 3.

La superstition d’après laquelle certains trous du sol, dûs à des circonstances légendaires, ne peuvent être comblés, s’applique au menhir de Pierre-Longue, à Allouis, qui a une double cavité assez pin orne où Ion peut introduire la main ; à diverses reprises., on a essaye de fermer cette ouverture avec des pierres ou de lu terre ; dès le lendemain elle était devenue complètement vide 4.

Suivant une opinion très répandue il y a des trésors sous les menhirs. Le nom de Pierre tresor.ère donné à quelques-uns de ceux de l’Anjou y lait clairement allusion. Une masse d'or est enfouie sous le Fuseau de la Fee Margot en Plédran (Côtes-du-Nord), la grosse Pierre d’Antézat cache lent ree d un souterrain rempli de richesses; à Cosqueville (Manche) sont trois menhirs appelés le Mariage des Trois princesses et assez distants les uns des autres ; leur dot est sous terre au milieu du triangle qu’elles forment; à Besné (Loire-Inférieure), celui qui pouirmt creuser juste au milieu de l'espace compris entre trois menhirs dits 1 repied du diable, découvrirait une grosse somme d'argent5. Un

1. L Boiisrëz. L'Anjou aux âges de la pierre , p. 100, 97. Pour entendre celle qm était dans te menhir d’Armaillé (Maine-et-Loire), il fallait en y collant l’oreille se tourner du cote du soleil; G. Fouju, in Rev. des Trad. pop t V 1 n 164

GuJinty p' « Châteaubriaat, p. 45, 58 ; Louisa Une Clark». ' Guidl to

p. W0L' C0Ut"' MéS’ d‘ t0n“’ i895' ^ Antiquités de Uisne, t. I,

Page 1