‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 151 sur 503 · H. de la Villemarqué. Barzaz-Breiz, p · texte numérisé non relu

H. de la Villemarqué. Barzaz-Breiz, p

LES ÉGLISES

de Sainte-Anne sous la corniche extérieure, d’immenses cordons de bougie qui en font plusieurs fois le tour 1 ; j'ai vu cette offrande à une chapelle voisine de Lanvollon (Côtes-du-Nord).

Une pratique parallèle à celle qui a pour but d’interdire aux carnassiers l’accès d’un endroit déterminé (cf. t. III, p. 30), a été relevée dans le val d’Aoste : pour empêcher les sorcières d’entrer dans une église ou d’en sortir, on l’entoure d’un fil dissimulé sous les portes. D’autres procédés ont une efficacité analogue. En Languedoc, le curé sème du sel devant la porte ; les sorcières de la paroisse s’y arrêtent et ne peuvent y entrer. En Wallonie, si on répand sur le seuil une poignée de terre ramassée sur un cercueil, une sorcière ne peut sortir sans appeler le semeur de terre et sans enlever le sort qu’elle a jeté. Deux dents de herse, qui ont été trouvées et placées sous le seuil pendant la messe ont le même pouvoir 2.

J’ai donné, t. III, p. 425, des exemples du clou ou de l’épingle fichés dans l’arbre par ceux qui veulent se débarrasser de leurs infirmités en les lui transmettant. Cet antique usage est aussi pratiqué sur les parties extérieures des églises. Les gens de Béchérel qui allaient en pèlerinage à Sainte-Anne du Rocher, près de Dinan, cognaient un clou dans les murs de la chapelle. Les personnes atteintes de névralgies faciales ou de maux de tête vont ficher une de leurs épingles à cheveux dans le plâtre des murs d’une chapelle de construction assez récente, près de Nivelles (Brabant wallon), consacrée à N. D. de Lourdes3. A Fontainela-Guyon (Eure-et-Loir), c’est dans les portes de la chapelle de Saint- Antoine que les pèlerins enfoncent des épingles pour fixer le mal 4.

A Solliès-Pont (Var), les jeunes filles désireuses de se marier essayaient de toucher avec la main, en s'élevant sur la pointe du pied ou en se faisant élever par les bras d’un ami complaisant, une tuile saillante placée dans le mur de la petite chapelle de Saint-Roch 5.

Les ferrures du portail de certaines églises sont l'objet de pratiques qui sont d’ordinaire en rapport avec l'amour ou la fécondité : Les jeunes filles remuaient le loquet de la porte de la chapelle de Saint-Nicolas, à Provins, en répétant cette formule :

Saint Nicolas, saint Nicolas,

Mariez vos filles et ne m’oubliez pas6.

Vers 1820, on observait en plusieurs parties du Périgord une coutume

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