PRATIQUES EN RAPPORT AVEC LEUR POURTOUR
apparentée: Lorsqu’une femme était stérile, elle allait en dévotion soit à l’abbaye de Brantôme, soit à la chapelle Saint-Robert ou à Saint- Léonard, et toutes celles qui étaient dans le même cas s’invitaient à assister à la messe. Après la cérémonie, elles prenaient le verrou de la porte et le faisaient aller et venir jusqu’à ce que leurs maris les ramènent chez elles par la main avec l’appareil d’usage. A Rocamadour, dans le Rouergue, elles se contentaient de baiser le verrou. 11 est possible que, suivant l’hypothèse de Dulaure, les prêtres catholiques aient substitué à un culte priapique des objets qui blessaient moins la décence L
Dans la Gironde, on fait toucher aux enfants le verrou d’une église, le jour saint Fort, pour leur donner de la force. A la chapelle de Saint- Roch, à Fumay, près de Rocroy, les jeunes filles vont baiser un des clous qui maintiennent la gâche de la serrure, dès qu’elles ont la taille nécessaire pour y atteindre ; elles croient que c’est un moyen infaillible pour se procurer un mari 2.
Vers 1840, on allait, pour la guérison des ophtalmies, mettre le doigt dans un trou percé dans le vantail gauche de l’église Notre-Dame du Blanc (Indre), en mémoire du miracle de saint Genitour ; celui-ci portant sa tête dans sa main, était venu frapper à la porte de l’église alors gardée par un aveugle, qui lui ayant demandé qui frappait, lui répondit en faisant un trou dans la porte : Regarde, je suis saint Genitour, et les yeux de l’aveugle s’ouvrirent sur le champ à la lumière 3.
En Bretagne, où les furoncles sont appelés clous, il est d’un fréquent usage d’offrir au saint réputé pour les guérir, des clous de fer qui ne doivent être ni pesés ni comptés, et qui sont déposés au pied de sa statue ou dans un trou du mur, ou même sur l'autel, comme à la chapelle de Saint-Laurent en Sion ; lorsque les pèlerins venus à cette intention la trouvaient fermée, ils les jetaient par les fentes de la porte ou par les fenêtres4. Pour guérir les furoncles des petits cochons on lance des clous ou des épingles par une ouverture pratiquée dans la porte d’une petite chapelle de Saint-Antoine, voisine de Guingamp5.
Plusieurs consultations par le jet sont en relation avec les ouvertures des églises : Les jeunes filles pour savoir si elles se marieront dans l’année jettent un sou à travers la porte d’une petite chapelle d’Echemiré, dédiée à la Vierge, dans la direction de l’autel ; s’il reste sur la table, la réponse est favorable ; s’il retombe, elle devra attendre, avant de trouver un époux, autant d’années qu’il y a de pavés séparant le sou de l’autel. Vers 1892, les jeunes gens et les jeunes filles, placés à deux
1. W. de Taillefer. Antiquités de Vésone , t. I, p. 253 ; J. -A. Dulaure. Des divinités génératrices , p. 286.
2. Fr. Daleau. Trad. de la Gironde , p. 37 ; O. Cloison, in Wallonia, t. V, p. 36.