‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 158 sur 503 · J. F. Cerquand. Légendes du pays basque, t. I, p · texte numérisé non relu

J. F. Cerquand. Légendes du pays basque, t. I, p

5. B. Jollivet. Les Côtes-du-Nord, t. I. 116, t. I II, p. 64.

6. L. de Laincel, 1. c., p. 30; C. Moiset. Usages de l’Yonne , p. 103; Ogée. Dicl „ de Bretagne-, Soc. arch. du Finistère , 1905, p . 156.

LES ÉGLISES

vouloient achapter pour la substanüfique qualité de leur complexion élémentaire pour extraneiser les halots et les turbines sur nos vignes b A Tulle, une cloche était gappelée Sauvo-Tero, parce que l'on croyait quelle sauvait les récoltes de l'orage; quand il tonnait, les paysans lui criaient; Sono ! sono ! Dans la même région on disait en proverbe :

Tous lous cops que Courreza bourrât ,

Lou retardât d'un houra.

Tous les coups de battant que la cloche de Corrèze donne, repousse à une heure de là (le nuage orageux). En Savoie, la clochette de l'ermitage de Saint-Rupt dissipait les nuées menaçantes ; en Berry, où nombre de cloches sont réputées pour conjurer les orages, celles de Chabris avaient un tel pouvoir qu'on les avait surnommées les chiens de saint Phalier. Suivant une croyance du Centre, certaines sonneries avaient le pouvoir d’éteindre l’incendie allumé par le feu du ciel1 2. Autrefois il était d’usage dans le pays de Tréguier de sonner, pendant les tempêtes, les cloches des églises et des chapelles du littoral 3, et dans les environs d’Angles (Tarn) on mettait en branle celles du pays pour préserver le grain en fleurs de l’action malfaisante de la rosée. Il y a moins de deux cents ans, à Ramonchamps (Vosges) on les mettait en volée pour garantir les campagnes des dernières gelées de l’hiver4 5.

Leur pouvoir n’est pas borné aux météores : à Saint-Sauveur, on les sonnait pour éloigner le Basa Jaun ou seigneur sauvage \ On disait autrefois, et l’on en citait des exemples, que lorsque les démons les entendaient ils étaient forcés de laisser tomber à terre les sorciers et les sorcières qu’ils portaient au sabbat ; cette croyance est encore populaire dans la Gironde, et dans le pays de Belfort un seul coup de la cloche de Rouge-goutte faisait disparaître toute trace de sabbat. En Limousin, on sonnait les cloches pendant la nuit du 22 au 23 juin pour empêcher les sorciers d’enlever au fumier sa vertu fécondante 6.

Page 1