ORIGINE
Plusieurs dolmens sont l’œuvre de femmes surnaturelles, assez puissantes pour en transporter les lourds matériaux sans cesser, comme le font les paysannes en marche, de filer ou de tricoter. Les fées qui dressèrent les blocs de la Roche aux Fées d’Essé les apportaient sur leurs têtes et dans leurs devantières (tabliers) ; quand elles ne filaient pas, elles en soutenaient quatre à la fois. Des fées, tout en filant portèrent sur leurs têtes les pierres du dolmen dons Fadas , sur la route de Clermont au Puy, et celles de Pierre Césée à Soucelles. Une fée qui gardait ses moutons près de la Tioule de las Fadas, à Pinols (Cantal), appelée aussi la Cabane des Fées, alla chercher bien loin, pour se mettre à l’abri de la pluie, des masses de granit que dix bœufs ne remueraient pas et leur donna la forme d'une maisonnette. Elle portait la plus grande au sommet de sa quenouille, ce qui ne l’empêchait pas de filer pendant la route. Deux dolmens près de Langeac (Haute-Loire) avaient été apportés sur la tête de trois fées fileuses, blondes et pâles '. La pierre levée de Brantôme a été soulevée parles quenouilles de trois jeunes pastourelles, qui probablement étaient, à l’origine, trois fées1 2 3. La pierre de recouvrement d’un dolmen de Mendive appelé Mairien jaureguia., Château des Maures ou des Lamignas, fut amenée depuis le col d Armiague par une Lamigna qui l’avait posée sur sa tête et filait en marchant; suivant d'autres elle la tenait suspendue à son petit doigt, J. Les Mascos, espèces de fées ou de sorcières, se sont construit une demeure à la Cobono de los Mascos , près de Ceyrac, dont elles ont apporté les énormes pierres au bout de leurs quenouilles4. A la Poterie près Lamballe un dolmen à demi-renversé se nomme le Coffre de
1. P. Bézier. Még . de l'Ille-et-Vilaine , p. 138; D. Monnier et A. Vingtrinier. 1 cad p. 42! 1 ; L. Bousrez L'Anjou aux âges de la pierre , p. 47 ; Cambry. Monumens celtiques, p. 232-233 ; Jorand, iu Ant'iq. de l'Ouest, t. VIII, p. 283-284.