‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 18 sur 503 · J. -F. Cerquand. Légendes du pays basque, t. IV, p · texte numérisé non relu

J. -F. Cerquand. Légendes du pays basque, t. IV, p

4. Valadier, in Mém. de la Soc. des lettres de l'Aveyron , t. IX, p. 220.

LES DOLMENS

Margot-la-Fée. Celle-ci tricotait en portant la pierre sur sa tête lorsqu'elle rencontra un oiseau qui ne remuait plus : elle demanda à une bonne femme ce que c’était : « C’est une pie morte. — On meurt donc dans ce pays-ci? — Oui, tout meurt et les gens aussi. — Et moi qui portais cette pierre pour un monument; ce n’est pas la peine de le construire. » Et elle jeta la pierre où elle est aujourd’hui1. Les pierres du dolmen de Peyrignagols, appelé aussi Sent Rouoc, le saint Rocher, ont été apportées par la Vierge, une sur sa tète et une sous chaque bras, toujours en filant sa quenouille ; elle faisait, quoique chargée de ce fardeau, sept fusées par jour. Elle transporta de la même façon celles du dolmen de Valderies, dans le Tarn, qu’elle déposa en voyant que la cathédrale d’Albi était achevée, et celle d e Peyrolevado, près de Lunel : la pierre sur laquelle repose la tahle lui servait de coussinet. Aux environs de Gaillac, on dit que les blocs destinés aux pierres levées ont été apportées par Samson, qui filait à la quenouille2.

Quelquefois des personnages surnaturels se servent de leur tablier pour le transport des lourds matériaux des dolmens. Cette donnée légendaire était connue au XVIIe siècle, et probablement auparavant, et elle figure dans une explication populaire de l'origine de la Pierre Levée de Poitiers, l’un des premiers de ces monuments qu'un témoignage écrit montre dégagé du tumulus qui devait originairement l'envelopper ; en 1638, les habitants d’autour racontaient: qu'un jour sainte Radegonde l’alla prendre d’entre plusieurs qui en ces quartiers sont fort frequents et l’ayant mis sur sa teste et les autres cinq pièces qui le supportent dans le devant de sa robe apporta l'un et l’autre jusqu'au lieu où ils sont aujourd’huy et les y posa de la même façon qu ils sont encore 3. En 1694, Jordan note ainsi la tradition : Les Gens du Pais disent que sainte Aldegonde portant cette pierre sur sa tête et les cinq pilliers dans son tablier, elle en laissa tomber un, que le Diable ramassa d’abord, et suivit cette Sainte qui s'étant arrêtée à demi-lieuë de Poitiers, mit cette pierre sur les quatre pilliers qui etoient restez dans son tablier, et le Diable voulant y ajouter le cinquième, il ne put jamais l’élever assez pour atteindre aussi haut que les autres et aider à supporter le fardeau4. Le dolmen de la Pierre de sainte Madeleine àSaml- Germain-sur-Vienne, dans une île de cette rivière, avait été diessé pai

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