J.-M. No gués. Mœurs d’autrefois en Saintonge, p
LES ÉGLISES
couteau, une alêne ou uq tire-bouchon, il suffît qu’il le pique dans un tonneau, et qu’il fasse ensuite une incision, dans un bqjs voisin, à un arbre de la même essence pour qu'il en coule autant de cidre qu’il y en a dans le tonneau. On dit en Ille-et-Vilaine qqe l'on peut se rendre invisible si l’on réussit à porter sur l’autel, pendant la messe, et sans que l’officiant, le voie, la cendre des os d'un chat noir qu on a fait brûler au pied d'une croix 1 .
La superstition quj suit est pratiquée par les Juifs bordelais : un des proches parents de la femme en couches ya à la synagogue et ouvre la porte du tabernacle, qui doit rester en cet état pendant tout le temps de I opération, et il en rapporte la clé afin de la placer sous le lit de la malade2.
Les cierges allumés sur les autels ou dans leur voisinage servent à plusieurs actes superstitieux ; quelques-uns se rattachent à des consultations augurales. Vers 1820, quand on voulait connaître si un malade devait guérir ou succomber, on posait de chaque côté de l'autel de saint Abibon cinq cierges de cire jaune, cinq pour la vie, cinq pour la mort ; si les cierges pour la vie s’éteignaient les premiers le malade devait mourir. En Hainaut, si la flamme des chandelles qqe l’on fait brûler à l’autel du saint qu'on invoque pour un malade est vacillante, c’est mauvais signe pour lui. On tirait vraisemblablement des augures semblables lors des neuvaines faites à la Vierge de Pâquis, dans les Vosges, où le regard des pèlerines se fixait sur les flammes de trois bouts de cierges que les gens du village baptisaient saint Mort, saint Languit, saint Revit3.
Les femmes de marins qui sont sans nouvelles de leurs hommes allument uq cierge au pied du saint de Sainf-Lanloup le Petit en Lanloup (Cô,tes- du-Nord) ; il brille joyeusement si le mari se porte bien ; s'il est mort* il luit d’upe flamme triste, intermittente, et tout-à-coup s'éteint. Dans le Luxembourg belge, si la flamme du cierge allumé le jour du tirage à la messe des conscrits reste droite et brûle bien, celui qui l'a offert prendra un bon numéro 4 5.
En Saintonge, pour rendre efficace les pièces déposées sur l’autel à l’intention des conscrits, on faisait flamber auprès, en l’honneur de quelques saints protecteurs dés militaires, un cierge qui avait été allumé près d’un mort s.
1. Lucie de V.-H., in Rev. des Trad. pop., t. XIV, p. 56Q ; g. Le Chef. Ibid, t. X, p. 581.