LES CTERGRS ET P|7S LAMPES
A Paris, vers 1830, quand on « faisait un cierge » à saint lloch, on ne manquait jamais de trouver « un homme pour se mettre avec lui 1 ». Des pratiques analogues sont encore en usage dans le monde galant; quelquefois on y cache des épingles destinées à faire souffrir l’infidèle ou l’indifférent à l’intention duquel elles ont été placées.
En Wallonie on pique des épingles en spirale dans une chandelle, (treize à Liège, vingt et une, c’est-à-dire trois fois sept à Nivelles), on l’allume et l’on se met en prières ; au fur et à mesure que les épingles tombent, la personne visée ressent de mortelles souffrances ; elle ne peut détacher sa pensée de l’opératrice et finit par lui revenir. Cette pratique, qui s’accomplit maintenant à domicile, a eu lieu autrefois dans les églises ; un vieux sacristain a raconté à M. Colson que jadis il y a vu maintes fois des femmes planter des épingles dans les chandelles qu’il leur vendait pour être brûlées devant l’autel. Il ne se souvient plus de la façon dont elles étaient plantées2.
Une pratique qui revêt une forme d'envoûtement plus caractérisée consiste à introduire dans un cierge que l’on fait brûler soit à la maison, soit à l’église, trois aiguilles ou trois épingles ; si toutes les trois tombent pendant l’opération la personne visée meurt au bout de trois semaines, de trois mois ou de trois ans3. Dans la Gironde, on peut faire sécher son ennemi à petit feu en allumant un cierge dans la première église venue, et en disant, tant qu'il brûlera, le Pater , Y Ave, le Credo , et d’autres prières à rebours 4 5.
La lampe rituelle des églises est l’objet de plusieurs croyances. On dit en Basse-Bretagne que tant qu’elle restera allumée, le monde est assuré de vivre ; mais que si on ne voyait pas sa lueur en passant la nuit près d’une église, ce serait le signe que la fin du monde approche. A Marseille le bedeau qui la laisse éteindre meurt dans le mois. Dans le pays d’Aoste, si elle brille la nuit d’un éclat inaccoutumé, c’est l’annonce d’un décès prochain. Une fève jetée dans celle d’une église de Marseille servait à découvrir le voleur, ou le faisait mourir, à bref délai :i.
On a aussi tiré des présages des craquements du mobilier sacré : quand quelqu’un doit mourir on entend du bruit aux bancs des églises où il a coutume de s’asseoir6. Cette croyance relevée par un théologien de la fin du XVIe siècle n’a pas été constatée de nos jours ; mais on en a retrouvé un parallèle dans le Morbihan, où une vieille femme attachée à une