‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 174 sur 503 · N. Taillepied. Traité des apparitions , p · texte numérisé non relu

N. Taillepied. Traité des apparitions , p

LES É fi LISES

chapelle, était avertie de !a venue des pèlerins par des bruits de pas invisibles, par des craquements sourds et prolongés dans les boiseries du chœur 1 .

Plusieurs des nombreuses pratiques qui s’accomplissent à l'église, parfois en secret, assez souvent en public, sont des parallèles, à peine christianisés, des observances antiques qui se l'ont encore près des arbres et surtout près des blocs naturels ou érigés de main d’homme. Des exemples anciens montrent que le passage à travers le trou a été jadis fréquent dans les temples catholiques. Un procès verbal de visite à l'église de Saint-Jean de M ari 1 lais en Anjou disait que le clergé « avait fait boucher un trou qui est au bas de l'autel pour empescher la superstition qu’aulcuns commettent en y faisant mettre la teste de leurs enfants ». Vers la même époque, en quelques églises de Bretagne, les paysans pour être guéris ou préservés de certaines maladies, allaient hocher la tête trois fois dans un trou qui était proche des autels2. Des traits analogues ont été relevés plus récemment. Vers 1817, à Ivry près de Paris, les fidèles passaient la tête dans une ouverture carrée qui se trouvait derrière l’autel de la chapelle de Saint-Frambour, parmi les pierres sur lesquelles le saint se reposait. A Courville (Eure-et-Loir), les mères pour que leurs enfants marchent seuls, introduisaient leurs petits pieds dans une pierre percée de la chapelle de la Madeleine3. Celte pratique est encore usitée dans une chapelle voisine de Bain (Illeet-Vilaine). Dans l’Ailier pour qu'un jeune enfant ne devînt jamais imbécile, on lui plaçait la tête dans une ouverture d'un tombeau de l’église Saint-Menoux. Les pèlerins introduisaient la leur, pour être préservés de la surdité, dans une excavation d’un bloc de pierres agglomérées, appelé autel de Saint-Cado, dans l’église de Caduod, une des îles du Morbihan 4. En Poitou, le pèlerin qui souffrait de maux de tête passait la sienne à travers une fenêtre étroite qui existait autrefois dans l’escalier du clocher de Sainl-Mard la Lande ; depuis qu'elle a été bouchée, on l'appuie à l’endroit où elle se voyait naguère ; le patient atteint de la même affection mettait sa tète dans une cavité du mur d’une chapelle à B. . dans la Vienne, récitait une prière, et avant de la retirer, y déposait des épingles aussi grosses que possible 5.

Dans la Gironde, où existaient plusieurs trous réputés, on passait les enfants dans celui de l'église de Saint-Michel à Rieufort, pour leur assu-

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