Magasin pittoresque , 1863, p
2. Durif. Le Cantal , p. 216 ; abbé^Le Clerc. La paroisse de Carentoir , p. 217 ; B. Jollivet. Les Côtes-du-Nord , t. III, p. 132.
3. P. Bézier. Még . de l'Ille-et-Vilaine, suppl. p. 90; Abbé Grivel. Chroniques du Livradois, p. 366.
LES CHATEAUX
leur voisinage immédiat, à l’approche de certains évènements. Mais les hantises habituelles sont beaucoup plus rares; en voici une qui remonte a la Renaissance : un seigneur retournant à sa maison dont il. avoit esté absent plus de deux ans trouva sa femme dans une autre lerre là auprès.... qui lui dist qu il revenoit un esperit en sa maison qui les tourmentoit tant que nul n'y povoit demeurer ’.
Deux romans du XVIIe siècle rapportent avec de curieux détails les idées du temps : Ce chastcau (Kernosy) est un bâtiment à l’antique : on y voit des portes de fer, de grosses tours, des fossés profonds, des ponts-levis à demi rompus ; ensuite de grandes galeries sans aucun ornement, des salles et des chambres spacieuses, dont les fenêtres sont si étroites que le jour n’y peut entrer qu’imparfaitement ; enlin ce château est précisément sur le modèle de ceux où l’on dit qu’il îevient des esprits Cétoit aussi l’opinion commune de ce païs-la ; on en contoit depuis plus de cent ans des choses merveilleuses. Messieurs de Kernosy savoient dès leur enfance toutes les histoires des Lutins de ce chasteau ; leurs gouvernantes leur en avoient fait mille fois le réciL-, A celui d Ardivilliers en Picardie, il revenoit un Esprit et ce maistre Lutin y faisoitun bruit effroyable. Toute la nuit c’estoient des liâmes qui faisoient paroistre le Chasteau tout en feu. C’estoient des hurlemens espouvantables et cela n’arrivoit qu’à un certain temps de l’année vers la I oussaincts. Personne n osoit y demeurer que le Fermier avec qui cet Esprit s’estoit apprivoisé Si quelque malheureux passant y couchoit une nuit il estoit estrillé d'importance. Les Païsans d’alentour voyoient bien davantage. .. quelqu’un avoit veu de loin une douzaine d’autres Esprits sur ce chasteau. Ils estoient tous de feu et ils dansoient un branle à la païsanne1 2 3.
De nos jours encore il est nombre de châteaux dont certaines parties ont mauvaise renommée. En 1880, alors que je faisais réparer, pour en faire ma chambre à coucher, une pièce du château de la Saudraie en Penguily (Côtes-du-Nord) un de mes fermiers vint me prévenir quelle était hantée, et que personne n’avait osé y demeurer, et il me déclara