‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 209 sur 503 · L'ileptaméron . Nouvelle XXXIX · texte numérisé non relu

L'ileptaméron . Nouvelle XXXIX

2. Mme de Murat. Les Lutins du château de Kernosy. éd. de Levée, 1753 in-12, p. 4-5.

3. La Fausse Clélie. Nymègue, 1680, in-12, p. 253 et suiv. Un président ayant acquis cette terre fit monter dans sa chambre deux gentils hommes de ses amis. Les gens de la ferme se jeter à ses genoux pour l’empescher de monter dans cette chambre en lui racontant ce qui estoit arrivé à ses prédécesseurs. Il persista et finit par découvrir que c’était le fermier lui-même qui faisait toute cette fantasmagorie. C’était aussi une chambrière qui avait rendu inhabitable le château dont parle la reine de Navarre et Ladoucette raconte que des fermiers de la Brie avaient trouvé moyen, par des apparitions dans un château, d’éloigner les concurrents et d obtenir des baux à vil prix, mais les propriétaires découvrirent la trappe et expulsèrent les lutins. ( Mélanges , p. 433).

que pour lui, il n’y passerait pas une nuit, même si je lui donnais, pour rien, toute ma terre. Une chambre du château de Monchoix près de Plancoët (Côtes-du-Nord) est inhabitée parce qu’on y entend, de minuit à deux heures, un bruit de pas ; il en est de même d une chambre d’un manoir voisin de Rennes où d’invisibles musiciens font un concert mélodieux George Sand a parlé des hantises du château de Briantes, près de La Châtre. Touten haut il y a, dans la carcasse du grenier, un trou dont on ne connaît pas le fond. Bien souvent on entendait la nuit dans cet endroit-là, des beuglements, des alas ! mon Dieu! tantôt comme des bestiaux, tantôt comme du monde. Un jardinier ayant voulu allumer du feu dans une chambre d’en bas, toutes les chaises se mirent à danser, à lui tomber sur le dos, et à le battre jusqu à ce qu il s'en aille. 11 essaya cent fois sans jamais y parvenir à faire du feu dans cette chambre enragée 1 2 3.

Quelquefois les propriétaires de ces demeures finissent par abandonner la place aux esprits qui y ont élu domicile ; c'est ainsi qu’on a cessé d’habiter un vieux château près de Tremblay (Ule-et- Vilainej parce qu'il est plein de diables et de revenants ; ceux-ci sont les ombres des personnes tuées jadis par les gens cruels qui le possédaient. Le château du Tertre-Volant en Plénée-Jugon était aussi inhabitable parce qu’un ancien seigneur, fort méchant, y revenait h

Des personnages de l’autre monde se sont montrés à des gens bien éveillés, dans des pièces éclairées ; sans paraître gênés par ceux qui les regardent, ils s’y conduisent comme de leur vivant et semblent y répéter quelque scène où ils ont joué un rôle. Plusieurs des épisodes de légendes recueillies à une époque plus moderne étaient connus au XVIe siècle: On a ouy semblablement pourmener des esprits parla chambre, feuilleter un livre, conter argent, arranger les tables. Tels esprits ont aussi en se pourmenant saisi et empoigné quelqu un par les bras ou par les cheveux 4. Chateaubriand qui, dans sa jeunesse, habita quelque temps le château où s’était montrée, peu auparavant, une de ces apparitions, l’a ainsi notée : Quand M. Livoret fut nommé régisseur à Lascardais, le comte de Châteaubourg le père venait de mourir. M. Livoret, qui ne l’avait pas connu, fut installé gardien du castel. La première nuit qu'il y coucha seul, il vit entrer dans son appartement un vieillard pâle, en robe de chambre, portant une petite lumière. L’apparition s’approche de l’âtre, pose son bougeoir sur la cheminée, rallume le feu et s’assied dans un fauteuil. M. Livoret tremblait de tout son corps. Après deux heures de silence, le vieillard

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