Durit. Le Cantal, p. 42b
LES CHATEAUX
différents bruits la moitié du logis. Il paraît, quelquefois, que la cloche de la chapelle sonnait L
Les lutins qui faisaient leur résidence dans les châteaux se plaisaient quelquefois à rendre service. L’un deux qu’on appelle Jeannette hante, depuis un temps immémorial, le vieux manoir des Hautes- Bruyères à Proussay, et il prenait grand soin de l’intérieur. Le château de Prévasy, près de Carhaix, fut longtemps habité par un esprit doux et poli envers les femmes, mais qui ne pouvait souffrir les hommes2. Le follet du château de Callac était espiègle; il lutinait surtout une vieille femme qui le gardait en l’absence du maître ; quand elle s’endormait, il roulait de grosses boules dans la pièce au-dessus pour la réveiller ; il brouillait son fil, flambait sa filasse à la chandelle de résine ou mettait force sel dans sa soupe au lait. D’autres fois il dérangeait sa coiffe, nouait ses cheveux ou lui traçait au charbon de belles moustaches noires ; il se permit même un soir de lui rire au nez, en lui passant au cou un grand trépied de fer3. On montrait encore au milieu du XIXe siècle le Trou du Gobelin au château de Mortain, la pierre qui lui servait d’âtre, la petite margelle dans laquelle il se désaltérait, et le creux taillé dans le roc dans lequel il passait sa journée, car la nuit il avait l’habitude de se retirer à l'entrée de la voûte L
Voici une légende qui a trait à un évènement ancien, et qui est localisée dans le château de la Grimaudière près de Tourouvre (Orne) ; il appartenait à un seigneur huguenot, M. de Tournebœuf, dont la famille entière était catholique. Les fêtes de Noël arrivées, toute la famille de Tourrtebœuf se rendit à l’église ; ce dernier, invité à suivre l’exemple commun, répondit en jurant qu’il aimerait mieux être rôti vif que de prendre part à un tel acte de superstition. Lorsque la famille rentra au logis, on trouva le mécréant embroché devant la grande cheminée de la cuisine et rôtissant comme un simple poulet. Un gros chat noir, dans lequel on reconnut immédiatement le diable en personne, faisait tourner la broche. Au milieu du XIXe siecle on montrait encore la cheminée où avait eu lieu cette terrible exécution 5.