D1 Fouquet. Légendes du Morbihan, p
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laires, et un certain nombre de lieux rappellent le séjour d'anachorètes, à Messac (Ille-et-Vilaine), on montre les ruines de l'IIermitage de Beury, à Trans, sur le bord du ruisseau de l'Ermitage, et à une petite distance de la source de l’Ermite, au milieu de la forêt de Yillecartier, existe la Pierre de l’Ermite, aujourd’hui renversée, et les sabotiers disent que de temps en temps, on voit auprès un ermite qui y dit ses prières1. Le P. franciscain François de Gonzague relatait en 1587 une ancienne légende d’après laquelle un ermite nommé Pierre aurait habité l’île de Césambre près de Saint-Malo, n'ayant que deux corbeaux pour toute compagnie. Jacques Doremet (1628) qui était malouin, après avoir transcrit le passage Jatin du général des franciscains, ajoute : « Et est vray que quand on tue vn de ces corbeaux, soudain vn autre revient en la place du mort, et si tous deux meurent ou sont tuez, à l'instant deux autres sont substituez, et sont fort familiers et privez avec les freres ; voire autant que si c'estoient poulies ou chappons2. » Cinquante ans plus tard Jordan, l’auteur des Vo'iages historiques de l'Europe, constatait cette même croyance, qui me paroist, disait-il, fabuleuse, quoique les gens du lieu me l’aient donnée pour chose certaine. La petite île Notre-Dame en St-Jouan des Guérets (Ille-et-Vilaine), était occupée en 1800 par deux pénitents que la tourmente révolutionnaire y avait oubliés. Quand les brouillards couvraient la Rance, ils sonnaient la cloche sans relâche pour avertir les bateaux d’éviter les écueils ; les bateliers ne manquaient jamais, en passant devant la chapelle, de chanter à plein gosier un cantique en l'honneur de la Vierge ; ils jetaient en même temps à l’eau une botte de paille, de foin, une bûche ou un fagot, que le courant portait vers File. Les ermites allaient les ramasser dans leurs criques, et plus tard les vendaient, ou en faisaient l’échange sur le continent 3. Vers 1820 un bon observateur écrivait : On rencontre en plusieurs endroits de la Basse-Bretagne des cellules formées dans le roc; quelques-unes sont encore habitées par des ermites; les paysans pensent qu’ils tournent le roc à volonté pour ne jamais avoir le vent en face 4 .
Plusieurs anciens dictons sont peu favorables à ces religeux isolés. Déjà au XIII9 siècle on disait :
L’abis ne fet pas l’ermite.
A la Renaissance courait ce dicton : De jeune hermite veil diable :i. Quand le diable devient vieux il se fait ermite, est encore un proverbe
1. Paul Sébillot. Petite légende dorée , p. 51, 53, 63, 133 ; A. Grain. Géographie de l'Ille-et-Vilaine , p. 44.
2. Jacques Doremet. De l'antiquité de la cité d'Aleth, p. 97.
3. El vire de Ceruy. Saint-Suliac et ses traditions , p. 162.