‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 303 sur 503 · LA LUXURE DES TEMPLIERS · texte numérisé non relu

LA LUXURE DES TEMPLIERS

d'une jeune fille emportée par eux: au bout de huit mois, ils l'enterrent sous le maître-autel ; un chevalier les voit par le trou de la serrure, et il révélé leur crime à l’évêque, qui fait creuser et trouve la jeune fille avec son enfant endormi sur son sein. L'évêque se met en prières dans la fosse : la troisième nuit, l’enfant ouvre les A/eux, tous les moines étant là, et marche tout droit aux trois moines rouges, en disant. « Ce sont ceux-ci ». Ils ont été brûlés vifs et leur cendres jetées au vent1. Toute jeune fille d’un des villages du couvent des Templiers de Beaucourt (en Picardie) qui devait se mariei, était astreinte à passer quinze jours dans leur monastère ; ils prétendaient que c’était pour y apprendre la cuisine et les devoirs du ménage ; mais ils abusaient d’elles et elles n'osaient raconter ce qui leur était arrivé 2. Près de la tour de Montbran à Pléboulle dans les Côtes-du-Nord, fut jadis un cimetière où l’on n'enterrait que des chevaliers du Temple, qui, d’après les gens du pays, étaient des hommes grands comme au temps de Noé. Ils racontent que l’un d’eux enleva sur la côte normande une princesse qu'il conduisit à la tour, où elle mourut de chagrin. Le chevalier, pour conserver au moins un souvenir de sa bien-aimée, lui coupa une de ses blanches mains qu’il admirait tant. Tousses ans à l’anniversaire de sa mort, elle sort de son tombeau, elle se rend à l’extrémité de l’ancien cimetière à l'endroit où fut enterré le chevalier, et elle vient réclamer sa main que l'amoureux dédaigné a fait mettre dans son cercueil sur son corps3 4. Le château de Guildo, dans la même région, passe pour avoir été habité par des Moines rouges qui pillaient et volaient partout où il passaient et ne reculaient même pas devant le crime ;.

La tradition n’est pas d’ordinaire favorable aux Templiers ; cependant en Picardie l’un d’eux, porté à la contemplation, reste cent ans dans un bois à écouter le chant d'un pinson, et c'est ainsi qu’il échappe au châtiment de ses frères(F. L. de France, t. II, p. 258); en Auvergne un autre détruit des monstres (t. I, p. 256). Une légende recueillie dans le voisinage de la vieille chapelle du Temple en Pléboulle (Côtes-du-Nord) met en scène un de leurs grands maîtres et le représente comme un saint personnage. Des voleurs ayant rencontré un chevalier monté sur une haridelle et suivi d’un seul domestique, se jetèrent sur eux, tuèrent le serviteur, et croyant que le chevalier qui ne donnait plus signe de vie était aussi mort, continuèrent leur route après avoir pris l’argent que portaient leurs victimes. Le plus jeune des larrons resta en arrière

1. H. de la Villemarqué. Barzaz-Breiz , p. 188. On a vu p. 251, un gwerz qui attribue des actes du même genre à des moines ordinaires.

2. H. Carnoy. Lilt. orale de la Picardie, p. 147 ; (cf. F.-L. de France , t. 11, p. 433 un templier séduit la femme d’uu seigneur).

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