G. — LE CLERGÉ ET LES SEIGNEURS
La tradition a conservé le souvenir de certains conflits entre le clergé et les seigneurs ; ceux-ci n’étaient pas toujours des fils respectueux de l’église, surtout lorsque leur orgueil ou leur passions étaient en jeu, et des récits populaires les représentent comme ayant exercé envers les prêtres et surtout envers les moines, bien des actes de violence.
il y en avait qui, en matière de protocole, se montraient intraitables. On racontait à Saint-Brieuc-des-ltls (Ille-et-Vilaine) qu’autrefois cette paroisse était habituée par beaucoup de petits nobles, aussi fiers que s’ils avaient été les cousins du roi. Ils tenaient surtout à leurs préséances à l’église, à tel point que l'un deux, outré de ce que le trésorier présentait d’abord le pain bénit à un seigneur qu’il croyait lui être inférieur, tira un pistolet de sa poche, et tua le trésorier dont le sang arrosa le pain bénit ; la légende ajoute que l'évêque de Saint-Malo interdit l'église pour cent années ;. Un dimanche le seigneur du Cray et celui de Dorai) se disputèrent aussi la préséance au sujet du pain bénit ; le marguillier embarrassé le déposa entre eux sur un tabouret en leur disant de vider la quere lè à leur guise. Les deux rivaux sor-
1. Cta Uéfps de l'EslourbeilIon . Légendes d' Avessac, p. 1 8.