MERVEILLES ET GESTES
Plusieurs noms constatent, parfois sans explication, la croyance que les pierres des dolmens ont, comme les blocs naturels (cf. t. I, p. 326) et les menhirs, la faculté de se mouvoir. En Périgord, un dolmen était appelé io Peyro daus nau tours , parce que les habitants étaient persuadés que la pierre principale faisait neuf fois le tour sur elle-même3. Nombre d’autres se déplacent ou tournent à des époques fixes, dont plusieurs coïncident avec des solennités chrétiennes. Quelques-uns de ceux du pays chartrain jouissent de cette faculté la nuit de Noël, et laissent à découvert un trésor: celui de Prunay-le-Gillon se met en mouvement quand le prêtre commence la généalogie et décrit une demi-révolution ; mais il faut se hâter de ramasser les richesses qui jsont alors visibles, car il achève son tour dès qu’elle est finie b Les pierres du dolmen de Tauzac (Charente) dansent lorsque Jes cloches du village voisin appellent les fidèles à la messe de minuit3. Au moment où on la célébrait, la Vierge venait se placer sur la table la plus élevée des Pierres Folles de Nohant en Graçay, tandis que les dalles et les supports dansaient autour d’elle6. A Chermignac, la pierre d’un dolmen saute trois fois la nuit de Noël au chant du coq. La Pierre Tournoire à Montmerrey tourne au soleil levant, la veille de la Saint-Jean 7.
Le dolmen de Begadan (Gironde), la Pierre Folle à Saint-Priest
1. Fr. Daleau. Lé g . des monuments mégalithiques p. 692; P. Mérimée. Voyaqe en
Corse, p. 21. J J
2. E. Moreau. Mon. Még . cl’Hambers. Laval, 1875, in-18, p. 48; Danjou de la Garenne, in Soc. arch. d'Ille et-Vilaine, 1862 p. 63.