‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 32 sur 503 · L. Martinet. Légendes du Berry , p · texte numérisé non relu

L. Martinet. Légendes du Berry , p

7. G. Musset. La Charente-lnf. avant l'histoire, p. 143 ; L. Coutil. Még. de l'Orne, p. 52.

LES DOLMENS

(Creuse) dansent à minuit *. La Pierre Tournante à Villedomer (Maineet-Loire), la pierre de Saint-Martin-sur-Orense n’accomplissent leur évolution qu’une fois tous les cent ans 2.

Quelques-unes de ces merveilles sont en coïncidence avec la musique, La dalle culminante de la Pierre Folle à Chenommet frémissait ou dansait quand la cloche de Coutures sonnait. La Pierre levée de Bretignolles vire au son de la cloche de Saint-Nicolas de Brem ; la Pierre Folle de Montguyon tourne trois fois sur elle-même à l’Angelus. La Pierre qui vire de Geay (Charente-Inférieure), la pierre de Civrac, tournent quand le coq chante après minuit3.

Le nom de Pierre qui chante suppose qu’on attribue au dolmen de Méré (Yonne) la faculté d’émettre des sons harmonieux. La table de recouvrement de celui de la Meilleraye sonne quelquefois 4. Dans la Ddfrdogne on entendait des voix, des instruments près des grottes aux fées ou le murmure du vent qui prédisait l’avenir 5.

Ces monuments sont parfois illuminés: on voit le soir des lumières sur la Pierre du diable, allée couverte voisine de Passais. La Pierre Couverte à Broc est éclairée toutes les nuits par une petite chandelle, et des feux brillaient auprès des dolmens de la Dordogne 6 *.

Un assez grand nombre de dolmens passent pour avoir servi de sépulturè ; c’est la destination que les paysans du Finistère attribuent à ceux qui sont restés enfouis 1 . Il est curieux de constater qu’on la donnait au commencement du XVIIe siècle à l’un de ces monuments, situé près d’Angoulême, et l'un des premiers qu’un témoignage écrit montre dégagé de tumulus ; c’était « un ancien tombeau de pierre eslevé sur terre à la hauteur de six pieds, entre des vignes sur le haut terrier à la veüe de notre ville. Les habitants du lie» le nomment le tombeau du Bourguignon, et disent que ce fut un Bourguignon, lequel ayant gousté du vin en ce lieu et venant à y mourir y voulut estre enterré, et a esté ce tombeau si venerable à la postérité qu’il n’a jamais esté violé et reste encore entier pour le jourdhui »8. On disait que le

1. Fr. Daleau, 1. c., p. 692 ; M. de Gessac. Még. de la Creuse , p. 18.

2. L. Bousrez. Még. de la Touraine , p. 41; Ph. Salmon. Dicl. arcli. de l'Yonne,

3. Abbé Baudr.y, in Congrès de la Soc. fr. d'archéologie. Fontenay-le-Comte, 1864 ; G. Musset, 1. c., p. 143 ; Fr. Daleau, 1. c., p. 693 ; G. Musset, 1. c.

4. Ph. Salmon, 1. c., p. 135; Pitre de l’Isle. Dicl. arcli. de la Loire-Inférieure. Châteaubriant, p. 33.

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