‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 349 sur 503 · HANTISES DES CHAMPS DE BATAILLE · texte numérisé non relu

HANTISES DES CHAMPS DE BATAILLE

Plusieurs champs de bataille sont hantés; sur celui d'Auray les âmes de tous ceux qui périrent sans avoir eu l’absolution de leurs péchés sont condamnées à rester près de leurs cadavres ; à une certaine heure de la nuit, elles s élèvent du sein de la terre et se mettent à parcourir la plaine funèbre dans toute son étendue ; elles sont forcées d’y errer jusqu au jugement dernier, et de marcher toujours en ligne droite quels que soient les obstacles qu elles puissent rencontrer. Le voyageur quelles touchent tombe frappé par une puissance invisible, et meurt avant le jour. En Forez des Français et ries Anglais reviennent aussi sur le lieu où ils se rencontrèrent jadis, et on les entend choquer leurs épées. On voyait des apparitions, des feux et des lances brillantes sur les dunes de Saint-Cast (Côtes-du-Nord) auprès de la Cassière des damnés où furent enterrés les Anglais tués en 1738 *. Les paysans des environs de Dieppe recommandent de ne pas passer à la brune par une petite clairière située sur le bord d'un bois, parce qu'on est exposé à y voir galoper autour de soi des cavaliers blancs, allant, venant, errant ça et là, et remuant sans cesse la terre avec leurs lances. Ces cavaliers blancs ont été jadis mis en déroute par- des cavaliers rouges, et ils viennent, de nuit, chercher les restes de leurs camarades enterrés dans le champ -. Les pêcheurs de Zuidcote restèrent si émus de la bataille des Dunes que Turenne livra dans leur voisinage, que longtemps après ils croyaient entendre dans les airs, aux jours où on agitait les cloches, le son des tambours et des trompettes, le galop des chevaux et le fracas du canon 3. A Torfou et àBegrolle (Maine-et-Loire) on entend la nuit le br uit de la bataille livrée en 1793 entre Vendéens et Républicains 4. Il y a quelques années, on prétendait à l'île de Ré qu’on ne pouvait passer la nuit dans un certain endroit près du pont de Fénau où les Anglais furent défaits en 1027, sans entendre des gémissements, el des ombres qui criaient : Tue ! Tue ! '

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