G. de Launay, in Rev. des Trad. pop. t. VIII, p
Abbé Grivel. Chroniques du Livradois , p. 377. Le lac de Morat, près duquel Charles le téméraire fut battu en 1476 parles Suisses, revêt quelquefois une coloration rouge. « C'est le “sang des Bourguignons » disent encore quelques vieux pêcheurs. (Almanach Hachette, édition belge pour 1902, p. 233. D’a. Folk-Lore Journal, t. VI, p. 381, ce terme s’applique aux reflets du soleil couchant sur le lac). Après un combat entre Bretons et Anglais une fontaine voisine de Morlaix ne versa pendant longtemps que du sang (F. Duynes, in Rev. des Trad. pop., t. XIII p. 551).
4. La Légende de Girard de Roussillon, in Romania, t. VIII, p. 201.
5. Rosenzweiz. Rép. arch. du Morbihan, p. 171 ; Gh, fhuriet.» Trad. du Doubs , p; 204 ; Bizeul. Des voies romaines de Bretagne , p. 41 .
LES GUERRES
lorsque la sainte Vierge descendue des deux pour veiller sur ses serviteurs, se leva du lieu où elle était assise pour Hier à l'angle d'une haie d’aubépine, planta sa quenouille d’or en terre, et tenant en main le fuseau, tendit le (il béni entre les deux armées. Cet obstacle, si frêle en apparence, devint par la grâce divine plus fort que les chaînes les plus résistantes. Ainsi préservés de toute poursuite, les chrétiens se rallient et sont rafraîchis par une douce rosée, tandis que les païens, brûlés par le soleil, demeurent terri liés à la vue de ces prodiges qu'ils ne peuvent comprendre. La barrière infranchissable pour les infidèles, s'abaisse d'elle même devant les chrétiens, qui surprenant leurs ennemis consternés, en font une telle boucherie que la cavité de terrain la plus voisine est bientôt remplie de leur sang, d'où lui est venu le nom de Mare au sang, qui, par extension a été donné à tout l’ensemble des fortifications'. D’après une légende corse, lors du combat de Colenzano sainte Reslilude, patronne du village et dont la chapelle s'élève à peu de distance, vint exterminer de sa main plusieurs mercenaires génois 1 2.
Au IXe siècle, une bataille où périrent six mille combattants fut livrée entre les Français et une armée d'infidèles auprès de Quarré-les- Tombes ; il y eut deux engagements successifs ; après le premier Renaud fils d’Aimon, prince des Ardennes, entra épuisé de fatigue dans la lorèt voisine et s’endormit au pied d'un arbre, au chant du rossignol. Pendant son sommeil, les deux armées en vinrent de nouveau aux mains. Le cliquetis des armes et les cris des combattants devinrent si perçants que la monture du guerrier, impatientée, à force de trépignements, s'enterre jusqu'au ventre. Réveillé enfin par le bruit, Renaud maudissant l'oiseau dont les chants ont contribué à l’assoupir, saute sur son coursier sans même prendre ses armes ; déjà les infidèlescommençaient à l’emporter. Renaud saississant un chevron que le hasard a mis sous sa main, s’élance dans la mêlée, frappe, tue ou disperse ; mais comme il frappait en bout, une voix amie lui crie :
Frère Renaud, touchez je vous prie, en fauchant.
Et vous en abattrez sitôt mille que cent.
Renaud suivit ce conseil ; lesennemis tombentsous sescoupscornmeles épis sous la faux et la victoire reste aux chrétiens. Depuis le rossignol ne se fit plus jamais entendre dans cette contrée. On ajoute qu après la bataille, des buissons d’épines poussèrentsur la fosse des païens, et que des tombes apparurent miraculeusement pour recevoir les dépouilles desbons. Telle est l’origine des tombeaux de Quarré 3.
1. M. de Rrehier, in Soc. ai’ch. du Morbihan , 1856, p. 175-176.
2. Prince Roland Bonaparte. Vue excursion eh Corse. Paris, 1891, in-4°, p. 65.