Farce du Pont aux Asgnes, Ane. th, fr. t. II, p
N'es-tu pas...
Gannelon
Le félon. (Scarron. Epitre à Sarrazin) 6.
7. Alex. Peyret. Coundes biarnès, p. 111- Mme de Sévigné. Lettre du 6 avril 1672, a employé Gannelonnerie comme contre partie de sincérité.
336 l’histoire de France dans la tradition populaire
d'Heilly, racontent le châtiment qui punit sa trahison : Avant de partir pour l’Espagne, Charlemagne avait fait jurer à Gandelon de lui être fidèle : « Que la grosse tour s’écroule si je ne le suis ! » s’écria-t-il. Pourtant il vendit le paladin au roi d’Espagne. Roland avait été tué, mais avant de mourir il avait pu sonner du cor pour avertir le roi de son agonie ; celui-ci l’entendit d’une salle du château d’Heilly oii il était couché. Gandelon revenu d’Espagne assure qu’il a tenu sa promesse. « Bien vrai, répond Charlemagne ; alors la tour est bien solide si Dieu ne la fend pas par le milieu ! » Elle s’écroule, le roi fait saisir le traître que l’on couvre d’une peau de loup ; il est chassé dans la forêt et les chiens le dévorent. Dans une variante, Charlemagne survient pendant que Gandelon se réjouissait au château ; il lui pose la main sur l’épaule, et lui demande par trois fois: « Où est Roland ? — Jure-moi que tues innocent, car Roland est mort dans la dernière bataille. — Que la grosse tour de mou château s’ouvre parle milieu si je suis coupable ! » Un craquement épouvantable répond à cette adjuration, et le traître se jette aux pieds du roi qui le fait pendre. Dans une troisième version, Gandelon et Bourmont ont vendu l’armée à un peuple sauvage ; Charlemagne revient à Ileill y et leur demande s'ils ont été fidèles ; Gandelon seul répondit par le serment ordinaire, et les deux traîtres lèvent la main vers la tour, qui se fend en deux 1 2.
La légende ne connaît actuellement aucun des héritiers de Charlemagne.
Les Normands qui exercèrent pendant plus d’un siècle leurs ravages non seulement sur le littoral, mais jusque dans le cœur de la France, n’ont laissé que peu de traces dans ces pays où une prière spéciale .4 furore Normannorum libéra nos Domine , avait été inspirée par la terreur de leurs cruautés et de leurs déprédations. C’est pour échapper à leurs outrages que des religieuses se mutilèrent, que les dames du Pirou obtinrent d’être changées en oies (cf. t. IV p. 317). Le proverbe « Normands rapaces » est la traduction de liapacilas Norlmannorum que l'on trouve dans un manuscrit du XIe siècle :1. Une tradition bretonne raconte qu’après avoir pillé Rennes et enlevé les cloches de Saint- Melaine, ils descendaient la Vilaine, lorsque à la prière d’un saint, une tempête survint et submergea leurs barques (cf. t. II, p. 451). Ils