‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 377 sur 503 · ROLAND ET GANELON · texte numérisé non relu

ROLAND ET GANELON

de Roland , le montre passant le col de Roncal avec les Docepare (les douze pairs) 1 ; l'arrière-garde est attaquée par les Basques, Roland se défend, et son épée s'étant brisée par le milieu, il sonne de sa corne, pour être entendu de Charlemagne, avec tant de force que les montagnes en tremblent; avec sa masse, à laquelle une boule de fer était suspendue par une chaîne, il fauche les ennemis andains par andains; mais son sang s'échappe de ses blessures, et pris d’une grande soif, il boit trop d’eau et crève. Ailleurs, il est frère d’Olivier et de Samson, porte sur sou dos son cheval fatigué, fait des paris avec ses frères comme dans le Voyage de Charlemagne du XIIe siècle, jette au loin une pierre d’un poids énorme qui ne va pas jusqu'au but, et, dépité, fend deux montagnes d’un seul coup d'épée. Dans un autre récit, Roland est un riche fermier qui accable sous une grêle de pierres les Lamignac (sorte de fées mâles et femelles) qui lui avaient dérobé ses vaches. Ailleurs, c'est un enfant trouvé qui, comme Gargantua et d’autres personnages populaires, se distingue dès son bas âge par sa force prodigieuse, chasse les Maures pillards, et s'étant fait forger un makhila gros comme une poutre, s’engage dans l'armée de Charlemagne et extermine les Maures. Il ne chassa pas complètement les Mairiac, mais tous les ans, le cheval du paladin apparaissait sur le pont d’Espagne, et poussait son formidable hennissement qui les effrayait tellement qu'ils allaient se réfugier dans leurs grottes 2.

Les traditions basques ne parlent pas de Ganelon, qui ailleurs est associé à la légende de Charlemagne, et surtout à celle de son neveu. Le vers de la Chanson de Roland :

Guenes i vint, ki la traïsun £ist 3

est la première mention de son rôle de traître, qui devint proverbial : Vous etes plus traistre que Ganes 4 Elle est plus traîtresse que Ganes (XVIe siècle)''.

Cent ans plus tard on dit : Traistre comme Ganelon, qui rime richement avec félon6 ; on le retrouve en Béarn sous cette forme : Traître comme Ganelou1. Plusieurs légendes picardes localisées au château

^ 1. Les douze pairs de France figurent dans un conte de marins. (Paul Sébillot. Coules , t. III, p. 174 et suiv.)

2. J. -F. Cerquaud. Légendes du pays basque, t. IV, p. 23, 22-28; 19-21; 16-17, t. III, p. 15, 17.

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