LA CONSTRUCTION ET SES MOTIFS
Les fées occupent le premier rang parmi les constructeurs des tumulus ; plusieurs des noms qu’ils portent sont en rapport soit avec cette croyance, soit avec l’opinion qu’elles les fréquentent. On trouve la Motte aux Fées en Anjou ', le Terrier aux Fades dans la Gironde, et l’on a traduit par Montagne de la fée le nom de Mané er H’roech.
Le tablier des personnages surnaturels, qui joue un rôle important en matière mégalithique, leur sert aussi pour former les tumulus. C’est une fée qui apporta dans le sien les matériaux de celui de Tumiac (Morbihan) et ceux du Mont Saint-Michel de Carnac1 2 3 4 * *. Les deux tumulus de Migny ont été élevés par deux fées : l’une, afin de pouvoir franchir l’Arnon à pied sec, remplit de terre et de pierres son tablier de gaze et vint les secouer dans la rivière ; l’autre, se changeant en moucheron, vola piquer le nez de sa rivale ; celle-ci en cherchant à se débarrasser de l’importune, laissa tomber dans le pré voisin le reste de la terre qui était encore dans son tablier8. Lorsque la fée Mate eut laissé tomber dans les flots de la Charente son fils qu'elle allaitait, elle voulut lui ériger un tombeau en rapport avec sa grande douleur, et elle remplit son tablier de pierres et de terre ; mais les cordons se dénouèrent, et la charge qui lui échappa forma le Terrier de la Fade dans l’île de CourcouryL Voici comment fut amassée la butte du dolmen de Mané er H’roeck : Une veuve avait son fils unique à la mer, et comme il ne revenait pas, elle allait tous les jours à la pointe de Kerpénir pour voir si elle n’apercevrait pas son bateau. Un soir une vieille femme lui ayant demandé le sujet de ses pleurs, lui conseilla d'amonceler un gros tas de pierres afin qu’étant montée dessus elle pût voir de plus loin.