‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 39 sur 503 · L. Martinet. Légendes du Berry, p · texte numérisé non relu

L. Martinet. Légendes du Berry, p

4. Gautier. Statistique de ta Charente Inf. p. 34 ; Cette tombelle porte aussi le

nom de Peux de la Fade, et en 1770 La Sauvagère l’appelait Mont des Fées.

{Antiquités dans la Gaule, p. 79).

LES TUMULüS

Pendant toute la nuit, les deux vieilles apportèrent dans leurs tabliers les pierres qu’elles ramassaient éparses dans la lande et quand au matin leur œuvre fut finie, la bretonne fut effrayée de l’énorme butte qu’elles avaient entassée ; mais l’autre la rassura, l’aida à monter au sommet et bientôt la mère consolée apercevait le bateau de son fils ; la fée avait disparu

L’épisode du tablier se retrouve dans des traditions où ne figurent plus les fées, mais des personnages qui semblent les avoir remplacées. C'est la Vierge qui a transporté dans le sien les pierres d’un galgal du Morbihan 1 2. Comme Notre-Dame de Cléry s’ennuyait dans l’église de Mézières, elle prit de la terre dans sa dorne et la porta à l’endroit où elle voulait être adorée ; mais poursuivie par Judas, elle ramassa une autre charge et alla la déposer plus près de la Loire, où elle forma une seconde motte sur laquelle elle se reposa. Près d’une excavation de la Mayenne appelée la Grande Cave se trouvent des monticules que la diablesse apporta dans son tablier; d’autres buttes à Saint-Aubin, près de la Fosse Louvain, ont la même origine. Le tumulus de Manceyà Uchon a été constitué par la charge qu'elle portait quand elle aidait son mari à construire le pont de Toulon-sur-Arroux ; surprise par le chant du coq, les coins du tablier glissèrent entre ses mains et laissèrent échapper les matériaux3. Le terrier de Beaumont à Saint-Port sur Gironde est dû à la femme de Gargantua qui voulait bâtir un pont sur le fleuve et dont les cordons de tablier se rompirent en cet endroit 4.

Des traditions, ou des noms qui en supposent, font de son gigantesque mari un des principaux auteurs de tumulus. A Dormont près Vernon, il y en a deux, appelés la Ilottée de Gargantua et qui avaient sans doute la même origine que les montagnes de l’est qui portent ce nom5. Le plus ordinairement les buttes proviennent du nettoyage de ses chaussures : en Touraine tous les tertres factices ont été ainsi formés ; en Poitou le tertre de la Garette, celui où s’éleva depuis la chapelle de sainte Macrine, en Berry le tertre isolé de la plaine de Montlevic proviennent de la boue qu’il ôta de ses sabots. Lorsqu’il venait de Bourges en une seule enjambée, il laissa tomber le monticule que l’on voit près de Clion, et qui s’appelle Pied de Bourges, et les Dépattures de Gargantua à Châtillon-smr-Indre 6.

Quelques tumulus sont l’œuvre de personnages réels, qui parfois

1. René Galles, in Soc. Polymatique du Morbihan , 1863, p. 31.

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