Fournier. Légendes des rues de Paris , p. 37t
344 l’histoire de France dans la tradition populaire
A Paris, plusieurs logis, dont quelques-uns existaient encore au milieu du siècle dernier, étaient désignés sous le nom de Maison de la reine Blanche. Cette dénomination était inexacte pour la plupart, qui étaient de beaucoup postérieures à la plus célèbre destines de ce nom, comme les trois : rue de Paradis, rue de la Tixeranderie et faubourg Saint Marceau, qui appartenaient à Blanche de Navarre, femme de Philippe le Bel *. Une maison de la rue Brantôme était regardée comme l’ancien logis de Blanche de Castille, et une autre de la rue des Bourdonnais, n° 29, fut à l'origine celle de ses commandements ; rue Boutebrie l'ancien hôtel de Marie, avait été, dit-on, habité par une reine de France, peut-être la mère de saint Louis, et il portait le nom habituel a ces demeures. On a pensé que le nombre de ces maisons venait de ce qu à l époque de leur veuvage, des reines de France, qui jusqu a Anne de Bretagne, portèrent le deuil en blanc, avaient pu y résider temporairement; le peuple avait fini parles attribuer toutes à la plus connue. Lefeuve assure qu'en 1854, on vénérait encore dans la rue des Bourdonnais une borne, dite le Pas de la reine, dont Blanche de Castille se servait pour monter sur son âne1 2 *. Dans le parc des iournelles a 1 Hay (Seine) on montre dans le mur une pierre en saillie où elle posait le pied pour se mettre én selle sur son ânesse 4. Plusieurs chemins de France sont appelés chemins de la reine Blanche ; une légende meusienne assez suspecte (t. Il, p. 368) raconte que la mère de Louis IX, vaincue dans une bataille, maudit une rivière, qui depuis coule souterrainement.
Malgré sa double qualité de roi et de saint, le folk-lore de saint Louis n est pas considérable. Au dessous de Civrac, on montre un dolmen sur lequel il aurait couché après la victoire de Taillebourg ; il s appelle Pierre qui vire ou Pierre de saint Louis 5 6. Le peuple de Paris se souvint longtemps du chêne de Yincennes sons lequel il rendait la justice. Le nom de ce roi figurait dans plusieurs proverbes : Au XVIe siècle, on disait par ironie de quelqu'un qui voulait faire le grand seigneur : « Il est sorti de la coste de saint Louis », et dans un recueil satirique du temps de Louis XIII, l'un des personnages dit en parlant d’une femme vaniteuse : « Elle voudroit que toute sa lignée fust de la coste de saint Louis pour paroistre selon son dessein fi. » On a vu au