‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 386 sur 503 · LA REINE BLANCHE · texte numérisé non relu

LA REINE BLANCHE

père. » Quelques instants après un cavalier bardé de ter et couvert de poussière se dirigea vers l’église dont la porte s ouvrit devant lui, traversa la nef achevai et alla déposer sur l’autel un morceau de la Vraie (jioix. Jean Chaperon se rendit ensuite dans la cour du château, et surpris de voir une foule si brillante, il demanda la dame de la Chaperonnière et apprit qu elle venait de convoler a de secondes noces. Il alla trouver le nouvel époux et lui proposa de jouer l’infidèle aux dés. Mais quand celle-ci se présenta toute éplorée, Jean Chaperon s élança vers elle, la prit dans ses bras et s’enfuit avec elle *.

J'ai traité à part dans une section du chapitre des Gens d’Eglise (p. 265 et suiv.) la légende des Templiers qui, chronologiquement, va des croisades au règne de Philippe le Bel. Philippe Auguste fut, d après Lecoy de la Marche, im des personnages à renommée populaire et presque légendaire sur le compte desquels la génération venue après eux met volontiers les traits d'esprit ou les historiettes ayant cours -. Aucune de celles qu’on lui a attribuées n’est parvenue jusqu à nous sous la forme orale.

La fin tragique d’Arthur de Bretagne 1 2 3 n’a laissé que des traces assez vagues ; cependant son souvenir et celui de sa mère Constance serait conservé dans le pays de Teillav oû elle se réfugia, et on chanterait encore aux envions de la forêt de Rennes, la complainte de Constance attendant le retour de son fils4 5.

Le nom de Jean Sans Terre, son meurtrier, est couramment employé à Guernesey. Pour désigner une chose éloignée, on dit : C’était du temps du rouai (roi) Jehan. C’est sous son règne que les îles furent séparées de la Normandie8.

La reine Blanche qui est restée dans la tradition est pour le peuple la mère de saint Louis, et il a ajouté à ses gestes ceux d’autres reines homonymes. Villon parlait au XVe siècle de

La roine Blanche comme un lys Qui chantoit à voix de seraine ;6

Dans une chanson populaire de l’Aisne figurent ces deux vers :

Vive en France La reine Blanche7.

1. A. Le Marchant. Une Excursion dans le pays de Mauges, p. 14-17.

2. Etienne de Bourbon. Anecdotes , p. 252 et suiv. et notes, p. 243-244, cf. aussi Lecoy de la Marche. L'Esprit de nos aïeux, p. 69-39.

3. Les chasses Arthur, t. 1, p. 169, 170, et les empreintes de son cheval se rapportent au personnage mythique de ce nom, et non à la victime de Jean Sans Terre.

4. Guillotin de Corson. Traditions historiques , p. 55 ; Paul Févâl. Le Loup Blanc , éd. de Vresse, in-18 p. 87. J’ai vainement cherché cette complainte dans le voisinage de cette forêt qui est à trois kilomètres de ma résidence d’été.

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