LES ANGLAIS ET LA GUERRE DE CENT ANS
donne aux gens de Mons, canton de Donnemarie, le sobriquet de Mutins. Seuls dans la contrée, ils osèrent, le 21 avril 1430, résister à une grosse troupe de Bourguignons qui battaient le pays. Forcés de se réfugier dans la tour de l'église, ils périrent parle fer et le feu, au nombre de 234 ; leurs ossements calcinés se montraient encore en 1760. Mons n’a pas cessé de célébrer un obi L des onze-vingt-quatorze en l'honneur des braves morts pour la défense du pays '. Trois villes de Gascogne figuraient, à cause de leur conduite courageuse, dans un dicton rimé :
Fronsac, Cropiguac et Broue Ont fait aux Anglais la moue -.
Au XVe siècle, on se rappelait encore les alarmes que les envahisseurs avaient excitées: Dieu scet si elles font bon guet devers malin, pour corner Anglois de quinze lieues 3.
J’ai rapporté, t. 11, p. 67, 339, les légendes de cloches volées par les Anglais, et p. 98, 317, les mésaventures de pirates anglais (t. II, p. 98, 317), des souvenirs de guerre, t. IV, p. 143, 314, 315, 316.
Les héros de la guerre de Cent Ans, Beaumanoir \ Clisson. le connétable de Richemonl, sont à peu près oubliés, même dans le pays de Bretagne où ils naquirent et où ils bataillèrent. C’est vraisemblablement à la suite de l'hommage tardif rendu récemment à cet illustre guerrier que le nom de Richemont est venu s’attachera un château breton : On visite à la Tourd’Elveu (Morbihan) un réduit obscur qui aurait servi de prison à Richemont, roi d’Angleterre5. Les paysans connaissent le nom de Du Guesclin ; pour beaucoup c’est un général de la Révolution qui, à maintes reprises, battit les Anglais6. A La Roche Derrien, dont le connétable fut seigneur, N. Quellien chercha vainement son souvenir dans un chant ou dans la tradition ; toutefois des légendes locales]disent que la maison de sa femme Ti pliai ne était sur la plaee du Pouliet7. On en montrait une autre à Dinan, et près du château de La Bellière qu’elle habita, elle est l’objet de quelques récits (cf. t. IV, p. 208) ; sur les bords de l'étang voisin de ce château, on faisait voir l’endroit oii Du Guesclin avait fait jeter, cousu dans un sac de cuir, un écuyer qu’il soupçonnait de l’avoir trahi au protit des Anglais, et dont l'ombre