‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 393 sur 503 · G. Doncieux. Le Romancéro de France, p · texte numérisé non relu

G. Doncieux. Le Romancéro de France, p

7. Blavignac. L'Empro genevois, p. 98 : Félix Régamey, iu Rev. des Trad. pop., t. IV, p. 387, Ach. Millien. Chants pop. du Nivernais, t. I, p. 150, 270, cf. pour les versions antérieures, Rev. des Trad. pop., t. IV, p. 9, 270, cf. aussi t. VI, p. 116 (Auvergae) ; E. Rolland . Rimes et jeux de l'Enfance, p. 9.

L HISTOIRE DE FRANCE DANS LA TRADITION POPULAIRE

pillards, insolents et cruels, le peuple des provinces du Centre de l’Ouest et du Sud-Ouest ne leur donne pas un vilain rôle. 11 semble être resté frappé de la puissance de leurs constructions et il leur fait honneur de beaucoup d'édifices remarquables par leur force ou leur étrangeté, même quand ils sont antérieurs ou postérieurs à leur domination. Dans l’Aveyron on leur attribue l’érection des mégalithes ; des dolmens sont dits Tombes des Anglais (cf. t. IV, p. 35 et 14); un aqueduc est appelé la Caveaux Anglais1. On trouve en Berry le Chemin des Anglais s. Dans la Charente-Inférieure leur nom se rapporte aux souterrains-refuges (cf. aussi t. IV, p. 106) et à tout ce qui ressemble à des retranchements 3. Dans les Landes gasconnes ils ont amassé de grosses buttes pour y cacher leur argent4. Le peuple du Morbihan fait remonter à leur occupation comme auxiliaires de Jean de Monlfort 1 origine de plusieurs châteaux et de quelques églises, y compris la cathédrale de Vannes. Dans l’Albret, ce sont eux qui ont construit toutes les églises ; celle de Nogent-le-Rotrou leur est aussi attribuée, ainsi que la démolition du château r>.

Quelques anecdotes légendaires semblent‘se rattacher à la résistance qui leur fut opposée. Un capitaine français qui guerroyait contre eux aux environ de Sainte-Suzanne, avait fait établir un système télégraphique qui consistait à cacher de demi-lieue en demi-lieue dans un arbre touffu sur une éminence de terrain, un homme qui faisait mouvoir trois signes: la croix, le cercle, la fourche, et par leurs combinaisons, il était renseigné sur les mouvements des ennemis. C est de cette façon qu’il put les surprendre, et se rendre maître de la ville de Sainte-Suzanne0. Dans le Forez sur un territoire appelé les Egaux, eut lieu dans l’ancien temps une bataille entre les Français et les Anglais, où les armes furent égales7.

La confrérie des chevaux fugs avait été instituée à Monlluçon. en commémoration d’une défaite des Anglais dans un de ses faubourgs. Suivant une tradition, un nommé Pierre Pehuc aurait défendu seul le passage de la rue Française à Béziers contre un parti d’Anglais. En mémoire de cet acte de courage, on lui aurait élevé une statue, et ce serait par corruption que de Pierre Pehuc, on aurait fait Pepezuc8.

Le souvenir de défenses contre les Bourguignons alliés des Anglais, ou les Anglais eux-mêmeS est constaté par des dictons populaires. On

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