‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 399 sur 503 · C. Fraysse, in liev. des Trad. pop. t. XIX, p · texte numérisé non relu

C. Fraysse, in liev. des Trad. pop. t. XIX, p

352 l'histoire DE FRANCE dans la tradition populaire

On a expliqué ce proverbe du XVIIe siècle : « Il a fait plus que Charles en France », qui s'appliquait à une personne ayant accompli de grandes choses, en disant qu’il faisait allusion aux guerres que le roi Charles VII eut à soutenir pour reconquérir son royaume1. La Pucelle d’Orléans et ses compagnons, qui méritaient mieux que ce prince de rester dans la tradition, y ont aussi laissé plus de traces. Toutefois Jeanne d'Arc n’a pas en réalité de légende, bien que peu de personmges y prêtent autant, non seulement par les actes extraordinaires de sa vie, mais aussi en raison des circonstances qui les précédèrent. C'est en effet près d'un arbre des Fées et dans le voisinagé de la fontaine aux Bonnes Fées Notre-Dame qu’elle eut ses visions ; beaucoup d’autres de ses gestes tiennent du merveilleux. De son vivant elle a passé pour invulnérable, et les plus simples d'entre les soldats et habitants de Troyes assuraient qu’une multitude de papillons blancs voltigaient tout à l'entour de sa bannière 2 ; Peu de temps après son supplice le bruit courut qu’une colombe s’était envolée de son bûcher (cf. t. III, p. 250). Au temps de Villon, le peuple n’avait pas oublié

Jeanne la bonne Lorraine Qu’Anglois brûlèrent à llouen 3.

De nos jours on n'a recueilli ni chanson ni légende qui s’applique sûrement à elle. C'est simplement à titre de curiosité que j’analyse un récit de la Meuse, long et assez obscur, que l’auteur rattachait à l’enfance de l’héroïne : Jeannette chargée comme le Petit Chaperon rouge d'aller porter une pâtisserie et des œufs à sa mère grand’, s'amuse à cueillir des anémones pulsatiles qui, sitôt dans sa main, se transformenten roses, en tulipes, en jasmins, en pivoines, et elle attribue cette métamorphose à la bonne fée du Bois Cbesnu. Elle s'arrête pour manger au lieu dit les Awisselos, les oiselets, et les petits oiseaux des bois voisins saluent Jeannette de leurs chansons. Elle dépose une partie de ses fleurs sur l'autel de la Vierge et donne les aulres à mère grand’ en lui racontant la merveilleuse métamorphose. La vieille y voit autre chose qu’une intervention de la fée, et pense que Dieu a des

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