DE LA RENAISSANCE A LA LIGUE
Si les héros de la légende étaient les mêmes que ceux de l’histoire, Louis XI y tiendrait une grande place. Toutefois j’ai pu croire jusqu à ces derniers temps qu’il était l’un des plus oubliés, ni mes lectures ni les appels faits à mes correspondants ne m’ayant fourni la moindre addition au petit trait rétrospectif de la marée qui monte moins haut que d’habitude lors de sa réconciliation avec sou frère (t. Il, p. LS). Une enquête récente montre qu il n est pas inconnu aux enviions de son château du Plessis-les-Tours ; les paysans qui parlent i ssez souvent de lui disent qu’il obligeait les bouchers â nourrir gratuitement sa meute et qu’il réquisitionnait les chevaux et les charrettes pour ses corvées. Afin de rendre quelque ardeur à sa vieillesse, il s i faisait amener les plus jolies filles du pays, et il prenait des bains dans le sang des victimes égorgées par ses bourreaux. Si le Plessis a été si longtemps inhabité, c'est que parfois Louis XI y revenait, poui suivi pai ceux qu’il avait fait injustement mettre à mort On montre dans ce château l’entrée d'un souterrain qui allait dans la ville de Tours jus-
1. A. de Barthélemy et Geslin de Bourgogne. And ns évêchés de Bretagne. Saint Brieue, 1855 1 8G A, in-8, t. II. 2me partie, p. 331. On me montra au château du Guildo (vers 1780), la chambre où l'infortuné prince Gilles fut, dit-on, renfermé. (Ne et de la Vigne. Souvenirs. Diuan, 1850, in-8, p. 133).
2. Albert Le Grand. Vies des saints de Bretagne , Françoise d Amboise, g 9.
3. Paul Sébillot. Légendes locales, t. 11, p. 178; Françoise d Amboise, g 1 0.
4. Ilabasque. Notions liist. sur les Côtes-du-Nord , t. 111, p. 201 ; Levot. Captivité et mort de Gilles de Bretagne. Brest, 1874, p. 13.