‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 413 sur 503 · Léo Desaivre. Etudes de Mythologie locale , p · texte numérisé non relu

Léo Desaivre. Etudes de Mythologie locale , p

3. A. Le Braz. La Légende de la Mort en Basse-Bretagne , t. I, p. 118-119.

Au XVIIIe siècle alors que les horloges étaient peu communes, des paysans bretons vinrent à un presbytère où il s’en trouvait une, et ils voulaient la. tuer piétendant que c’était la Gabelle; le prêtre la sauva en disant: Ce n est pas la Gabelle, c’est, le Jubilé (E. Bonnemère. Hist. des paysans , t. 11, p. 226).

4. A. Orain. Gloss, patois de l'Ille-et-Vilaine, 1886, in-8°, p. 145-147; elle est suivie d’une chanson plus sûrement populaire où figurent aussi les sabots, et d’une autre où l’on retrouve des vers entiers du pastiche. On peut aussi consulter sur les retouches faites à cette chanson une lettre de M. A. Orain, où il dit que le paysan de la forêt de Rennes qui la lui chanta en 1880, n'en connaissait qu imparfaitement les paroles et en estropiait les vers ; il avoue loyalement res mises au point qu’il lui a fait subir ( ibid ., p. VI- VII). Ce n'est pas lui qui y a introduit Anne de Bretagne (cf. sur cette question Julien Tiersot, in Rev. des Trad. pop., t. II, p. 249-256).

L HISTOIRE DE FRANCE DANS LA TRADITION POPULAIRE

lui avait fait voir la sienne, Lorsque le prieur s'est rendu à l'invitation, le roi, sans se faire connaître, lui fait boire du vin de sa « mie Claude » puis il revient accompagné de la reine « en grant pontificat », et la prenant par la main, il dit : « Monsieur le prieur, vous m'avez montré ’sotre mie et je vous fais voir la mienne L » On raconte dans le Valois que ce roi chassant avec des seigneurs de sa cour dans la forêt de Villers-Cotterets rencontra un paysan qui lui montrant un sac de pistoles, lui demanda s il avait bien son compte, parce qu'il ne comprenait rien au grimoire latin qu’on lui avait donné à la recette de Longpont. Le roi s’y prêta de bonne grâce, et de retour au château, il rendit une ordonnance pour faire écrire en français les documents administratifs 1 2. Une autre fois s’estant laissé emporter à l’ardeur de la chasse, il fut surpris de la nuit et obligé estant seul, d’entrer dans la loge d’un charbonnier qui, ne le connoissant point, le pria à souper. Lorsqu’il fut question de se mettre a table, il prit la première place et il ne donna que la seconde au roy, en luy disant : Chacun est maître chez soy. Ensuite il lui dit de prendre luy-mesme à manger par où il voudroit. Mais il ne faut pas, ajouta-t-il, dire au Grand Nez que je vous ai fait manger de la venaison. Le roy mangea fort bien, et le matin estant 'enu il sonna du cor pour faire entendre où il estoit. A l'arrivée de ses coui tisans, le charbonnier creust estre perdu ; mais le roy le rassura en luy frappant sur 1 espaule, et entre autres récompenses octroya à sa considération que le tratic du charbon seroit exempt de tous impôts 3 4. Dans un conte de la Haute-Bretagne, Petite-Baguette étant devenu roi est très aimé de ses sujets qui lui donnent le même surnom qu'à François 1er • il va demander un gîte â un sabotier qui lui sert un lièvie, et comme son hôte lui disait que la chasse était sévèrement prohibée en ce temps, il lui répond que sûrement il ne le vendra pas au roi Grand Nez L

Quelques vignerons des environs de La Châtre poussent encore le cri de : \ ive le roi au grand nez ! au moment où ils font la huée de proche en proche pour s’avertir que la journée est finie. Ces cris sont inspirés par la gratitude, car François Ier en rendant obligatoire vers 1539 la Coutume du Berry , réduisit considé-

1. Nicolas de Troyes. Le Grand Parangon des Nouvelles Nouvelles, p. 27-29.

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