‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 412 sur 503 · ANNE DE BRETAGNE · texte numérisé non relu

ANNE DE BRETAGNE

ceux qui la poursuivaient firent d'abord fausse route ; mais elle fut vendue par son valet, qui paya cher sa trahison, puisqu on le tua quelque temps après; à Chevré, non loin de là, on dit qu elle employa ce stratagème pour échapper aux Anglais, mais, trahie par son palefrenier, elle fit tuer, éventrer et vider un cheval dans le corps duquel elle se cacha. Il fut ensuite placé sur un baquet, et c'est ainsi quelle passa au milieu de ses ennemis qui ne se doutèrent pas que cette carcasse dérobait à leurs yeux la jolie duchesse A Blain (Loire-Inférieure) c est aussi dans l’intérieur d'un cheval mort qu’elle se cacha; les pies en dépeçant le cadavre décelèrent sa retraite aux Anglais, et Dieu pour les punir les chassa à jamais de la forêt du Gavre

On raconte en pays bretonnant qu'avant le départ de son mari poulies états de Bretagne, elle lui avait recommandé de ne pas charger ses sujets de nouveaux impôts ; à son retour, il lui avoua qu'il avait consenti à l’établissement de la gabelle, et juré de la maintenir tant qu il vivrait ; la duchesse s'écria que ce ne serait pas, en ce cas, pour longtemps ; elle lui plongea un couteau affilé dans le cœur ; puis elle lit annoncer partout que la gabelle était morte et qu’on allait l'enterrer avec son mari1 2 3.

Je ne parle que pour mémoire des « Sabots de la reine Anne » 4. On peut considérer cette chanson, ainsi que celles de Du Guesclin, comme un dernier écho des « faux patriotiques », dont la première moitié du siècle dernier fournit de nombreux et retentissants exemples.

François Ier est le héros d'aventures de chasse ; l’une d elles a été recueillie par un de ses contemporains. Un jour qu’avec sa suite détail, égaré, il fut bien accueilli par un prieur qui ne le connaissait pas, et lui fit boire du vin de « Denise sa chamberière ». Le roi voulut voir celle-ci, qui était une très belle jeune fille, et il invita le prieur à venir au palais des Tournelle», en se donnant un nom supposé, et il lui dit qu’il lui ferait boire du vin de sa mie, et la lui montrerait comme il

1. Paul Sébillot, in Rev. des Trad. pop ., t. XIII, p. 543-544.

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