FRANÇOIS PREMIER
rablement la durée de leur travail \ En Bourgogne une sorte de cérémonie burlesque se serait rattachée à ce surnom : d après un rapport du curé de Yermenton à l’évêque d’Auxerre (1683) les hommes, femmes, garçons et filles couraient par la ville, le 17 août, portant une enseigne où était peint un nez gigantesque qu’ils faisaient baiser à genoux. Adéfaut de renseignements spéciaux, on est porté, dit-il, a supposer qu’il représentait François Ier qui, de son vivant et même après sa mort, était appelé par le peuple le roi au Grand Nez
Parmi les chansons composées sur la bataille de Pavie et la captivité de François Ier, la seule qui soit restée dans la tradition est celle qui débute par ces vers :
Hélas ! La Palisse est mort,
11 est mort devant Pavie,
Hélas ! s'il n’était pas mort Il serait encore en vie2 3.
C’est ce quatrain burlesque qui a valu à ce vaillant capitaine une renommée quelque peu ridicule ; il suggéra à La Monnoye la parodie que l’on sait4, qui propagée parle colportage et l’imagerie, a donné naissance au dicton : Vérité de La Palisse et à ses variantes.
Les versions recueillies de nos jours ne contiennent pas ce couplet, elles commencent par le second :
Quand le roi départit de France.
Chateaubriand avait chanté vers 1835 la Captivité de François Ier à son parent M. delà Villemarqué, qui 1 a publiée plusieurs fois, la dernière avec l’air noté : elle a été retrouvée depuis en Bretagne, dans le nord de la France, et en patois dans le Béarn, la Catalogne et le Piémont. Ainsi que le fait remarquer George Doncieux, cette chanson, qu’il pense avoir été composée à Paris, est satirique, et c est ce qui explique le couplet d’une naïveté facétieuse de La Palice ; le roi } joue, afin d’échapper, le personnage d’un pauvre gentilhomme vagabond, et ne songe au royaume de France que pour lui faire suer 1 or
1. Laisnel de la Salle. Croyances du Centre , t. II, p, 144-145. Aux environs de Blois les vignerons criaient au moment de la huée : Dieu pardonne au bon comte dé Blois ! Cette particularité du nez royal est notée par un poète du XVIIe siècle, La JVIesnardière. Testament de Michelette :
Le roi François
Dont le nez avoit deux grands doigts Sur les plus grands nez de son âge.