C. Moiset. Usages de l’Yonne, p
3. Leroux de Lincy. Recueil de chants historiques français , t. Il, p. 92 d a. le Chansonnier Maurepas .
4. Œuvres choisies de la Monnoye. Bouillon, 1180, m-12 p. 131.
L HISTOIRE DE FRANCE DANS LA TRADITION POPULAIRE
de sa rançon *. Lne anecdote plus favorable à la dignité de ce roi se rattachait à sa captivité. Les Espagnols auraient fait baisser la porte •le sa prison pour s attribuer l'inclinaison qu’il aurait dû faire en entrant, français Ier sortait à reculons et leur présentait le derrière2. D’après la légende du sire de Créquy (cf t. IV, p 3S2) celui-ci, qui ressemblait au, roi se serait substitué à lui comme prisonnier.
L’usage de composer sur des évènements contemporains des chansons parfois d allure populaire et sur des airs connus, était très répandu au X\ Ie siècle1. Quelques-unes ont pu être rimées dans les camps, et elles semblent y avoir eu plus de vogue qu’ailleurs. Plusieurs avaient trait à la mort du connétable de Bourbon; Brantôme rapporte une de celles que chantaient les aventuriers de ce temps-là :
Quand le bon prince d’Orange Vit Bourbon qui estoil mort,
Criant, sainct Nicolas Il est mort, saincte Barbe ;
Jamais plus ne dit mot A Dieu rendit son âme.
Sonuez, sonnez, trompettes,
Sounez tous à Lassault ;
Approchez vos engins Abbatez ces murailles ;
Tous les biens des Romains Je vous douce au pillage1.
Quelques-uns de ces traits se retrouvent dans une chanson recueillie il y a une trentaine d’années aux environs de Loudéac :
Quand ils fur’nt à la brèche par où fallait passer ;
Lequel donc de nous autr’ qui pass’ra le premier ?
Se dit le grand Bourbon, mit le pied sur la brèche,
Et se sentit frappé ti’une balle à l’oreille.
Quand le prince d Orange il vit son cousin mort,
Sou manteau d’écarlat’ lui jeta sur le corps :
Avec son mouchoir blanc lui a couveit la face,
De peur que les soldats n’auraient perdu courage.
— Courage, mes enfants, car Bourbon n’est pas mort,
A l’assaut, à l'assaut ! ayons un grand courage Et le bien des Romains nous aurons au pillage.
A Saint Pierre de Rom’ Bourbon Tut enterré,
Il u était pas tout seul, fut bien accompagné;
Lut bien accompagné de cinquante mille hommes.
Dont la plupart j’étions barons et gentilshommes 5.
f Vv"' dCJ* Villemarqué, in Rev. des Trad. pop., t. III, p. 420; J.-M. Carlo, ibid , t. IV, p. d9/, sur les autres versions v. George Doncieux. Romancero pop. de la brance, p. 53 et suiv.