‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 419 sur 503 · Robert Oheix. Bretagne et Bretons, p · texte numérisé non relu

Robert Oheix. Bretagne et Bretons, p

5. Leroux de Lincy. Le livre des Proverbes français, t. I. p. 297. Les vêpres siciliennes sont l’objet de légendes qui ont été recueillies par G. Pitrè. Studi di leyyende popolari in Sicilia. Palerme, 1904, iu-13, p. 191-210.

LH1ST0IRE DE FRANCE DANS LA TRADITION POPULAIRE

C’est du grand duc de Guise Qu’est mort et enterré

Quatr’ gentishom’ y avoit Dont l’un portoit le casque

Et l’autre son épée,

Qui tant d’huguenots a tués

Les persécutions que la religion réformée eut à subir à ses débuts sont à peu près oubliées de la tradition ; cependant on a recueilli dans l’ouest plusieurs chansons qui sont des variantes de ce thème: Une jeune protestante refuse, malgré les sollicitations et les menaces de sa mère, qui vraisemblablement est une catholique, veuve d’un protestant, de prendre part à une cérémonie contraire à ses croyances :

J’aim'rais mieux être hrûiée Et voûtée (ventée) au graud veut,

Que d’aller à la messe En faussant mon serment.

C’est en vain que les dames de la ville viennent l’admonester et lui apporter des livres catholiques ; elle les refuse, et demanda une Bible; quand elle l’a obtenue, elle va prier « sur la fosse à son père. » Dans unie des variantes poitevines, c’est sa mère qui la conduit au supplice ; 11 en est de même dans celle de la Haute-Bretagne, où elle dit :

Bourreau, voilà ma fille,

Fais à tes volontés.

Bourreau, fais de ma fille Comme d’un’meurtrier.

En attendant le supplice, la martyre lit un chapitre du Testament nouveau, et quand l’exécuteur a les pieds sur ses épaules, elle s’écrie à voix haute :

Je vois Jésus, mon père,

Qui de sou beau royaume Descend pour me quérir ;

Son royaume sur terre Dans peu de temps viendra Et cependant mon âme Au Paradis ira1 2.

Dans une version nivernaise, le'père de la jeune fille est un prince catholique, et c’est lui qui veut la contraindre à aller à la messe3.

1. Leroux de Lincy. Recueil de chants pop., t. 11, p. 287. Dans ce recueil elle est datée 1566 ; mais le compilateur la Place auquel est emprunté ce texte lui donne le titre de chanson des rues, ce qui indique qu’en 1785 elle était encore populaire; la chanson de Malborough l’aura fait oublier ; G. Doncieux. Romancéro , p. 459, cite d’a. les Poésies pop. de la France, une chansonnette où ligure le duc de Guise.

2. (ampère). Instructions relatives aux. poésies pop., p. 27; J. Bujeaud. Chants pop. de l'Ouest , t. 11, p. 143 et suiv. ; Lucien Decombe. Chansons pop. de l’llle-et- Vilaine, p. 30 ; (Ampère), 1. c. p. 26.

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