‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 42 sur 503 · HANTISES ET MERVEILLES · texte numérisé non relu

HANTISES ET MERVEILLES

La dame des Chaumes se montrait entre Pauthier et Sivry près de quatre lumulus, et les voyageurs qui y passaient après le soleil couché étaient suivis par le rouleau (sic), à la troisième fois, ils étaient renversés et écrasés par lui. Jadis une fée apparaissait au sommet de la Motte de laGuerne àLunery, et les bergers qui en approchaient étaient poursuivis par un homme à longue barbe ; on ne les voit plus, mais toutes les nuits le chant du coq se fait entendre sur le haut 1 -

Les fées semblent avoir eu aussi leur demeure souterraine sous ces monticules ; on prétend avoir entendu crier sous la Butte à Chapeau : « Apportez la pâte au four, car il est chaud 2 ». C’est la phrase que 1 on attribue e» maints endroits aux fées qui vivent sous terre dans les grottes ou sous les gros rochers.

Comme les autres monuments mégalithiques, les tumulus sont la résidence de nains, surtout en Basse-Bretagne. A Coat-Bihan, on appelle les barrows châteaux des Poulpicans. Un beau tumulus à Saint-Nolf est la retraite des Bolégueans ou Poulpiquets, suivant l’abbé Mahé des Poulpicans, qui y pratiquaient des terriers comme des lapins. On assure même que ce fut autrefois leur capitale, et qu'ils y vivaient par milliers ; mais le malheur des temps a tellement diminué la tribu, que c’est à peine si l’on voit deux ou trois de ces nabots par semaine. Les impiétés que commit la Révolution et les guerres civiles les firent émigrer avec les nobles du pays, et l’on sait qu’une fois partis, ces bons petits hommes ne reviennent plus. Autrefois, lorsqu’on avait perdu quelque chose, il suffisait de se rendre à leur résidence au commencement de la nuit et de dire : « Poulpican, j’ai perdu tel ou tel objet ». Le lendemain on le trouvait à la porte 3. Les paysans qui venaient à la tombée de la nuit, près d’un tumulus de Kerfolben à Vieux-Bourg- Quintin (Côtes-du-Nord), sous lequel demeurait un Korandon et lui demandaient une paire de bœufs, les trouvaient le lendemain à 1 aube, au pied du tumulus, liés sous le joug. Ces bœufs étaient entièrement noirs ; mais il fallait avoir soin, dès que le jour baissait, de les reconduire à l’endroit même où on les avait pris, et l’on devait mettre sur le joug cinq sous pour le Korandon4 5. Dans l’Ailier le Poulet n était pas aussi bienveillant et il prenait plaisir avenir cravacher les chevaux sur la plate-forme du tumulus de Saint-Loup à Varennes0.

Des esprits de diverses natures se montraient aussi sur ces buttes ou dans leur voisinage immédiat. Au tertre desHogues, une blanche létice

1. L. Durif. Le Cantal , p. 550 ; Clément- Janin. Trad. de la Côte-d'Or , p. 49; L. Martinet. Légendes du Berry, p. 15.

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