Z. Le Rouzic, in Rev. des Trad. pop., t. XVI, p
3. Fouquet. Monuments celtiques, p. 111; P. Bézier, Méq . de l Ille-et-Vilaine, p. 46 ; L. Bousrez. Még. de Touraine, p. 74; Matériaux, t. V, p. 116 ; Bulliot et Thiollier. La mission de saint Martin, p. 41 ; Legier, in Acad, celt., t. 11, p. 221 ; P . Bézier, 1. c., p. 240 ; Michon. Statistique de la Charente, p. 139 ; Soc. des Antiq., t. V, p. 57 ; Habasque. Notions hist. sur les Côtes-du-Nord, t. 111, p. 83.
LES TÜMULU8
général Fourdène1. Celui de la Butte du Hou près d’Argentan est formé d’une poignée de terre qu’un géant prit dans une de ses poches et qu’il alla déposer sur la tombe des braves morts pour la patrie, et il vient de temps en temps le visiter. Celui des Hogues en Cuigny a été également bâti par un géant. Dans une commune du Pas-de-Calais appelée les Tombelles, une petite élévation, au pied du mont Blanque-Jument, était le cimetière d’une armée étrangère qui avait occupé, il y a bien longtemps, les environs de Queslreque. Le tumulus voisin de Boiry Notre-Dame (Pas-de-Calais) aurait été élevé en souvenir d’une grande bataille livrée en cet endroit 2.
Les paysans expliquent par des légendes la présence des pierres que l’on voit parfois sur la plate-forme des tumulus. Au-dessus de celui de Sailly en Ostrevent sont plantées six petites pierres que l’on appelle les Sept Bonnettes, les Sept Fillettes ou les Sept Marconnettes ; il y en avait autrefois une septième ; six jeunes Filles réunies pour danser à l'heure où l’on célébrait la messe, furent ainsi métamorphosées, Ja pierre du milieu représentait le ménétrier. Le tumulus du Fayetà Marchezal est surmonté de pierres vitrifiées qui faisaient partie de la maison des fées ; quand elle eut été brûlée, elles quittèrent le pays 3'.
Les tumulus et les büttes artificielles qui leur ressemblent sont habités ou hantés par des personnages surnaturels. Une poipe à Buellas, dans l’Ain était autrefois la résidence de plusieurs fées qui étaient devenues chrétiennes. D’autres fées mettaient leur linge à sécher sur le tumulus de Fresnay-le-Buffart et sur celui d’Ecouché (Orne)4. Le sommet d’une butte très bien arrondie près du Bois de la Danse en Quévert (Côtes-du-Nord) est la table où elles prenaient leur repas avant d’aller danser sous les arbres du taillis5. Suivant quelques traditions, elles se rassemblaient la nuit sur les tumulus pour y danser, et parfois elles faisaient repentir de leur curiosité ceux qui osaient s’aventurer auprès. Les bergers évitaient naguère deux petits monticules des environs d’Aurillac, prétendant que les fades qui y formaient des rondes auraient bien pu jeter un sort sur leurs troupeaux.
1. Z. Le Rouzic, in Rev. des Trad, pop., t. XVI, p. 72 ; Amélie Bosquet. La Normandie romanesque , p. 192; Paul Sébiilot. Gargantua , p. 227.
2. Louis Duval. Gargantua en Normandie. Alençon, 1880, in-8°, p. 9 ; Vaidy, in Mém. de VA. Celt., t. V, p. 108 ; Quarré-Reybourbon . Mêg. du Nord et du Pas-de- Calais, p. 12 ; A. de Mortillet, in Compte-rendu de l’Associalioti française, 1899, p. 581-582.
3. A. de Mortillet, 1. c. ; Claudius Savoye. Le Beaujolais préhistorique, p. 170.
4. D. Monnier et A. Vingtrinier. Traditions, p. 395 ; Chrétien de Joué du Plein. Veillerys argentenois. MM S.