‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 425 sur 503 · LA LIGUE · texte numérisé non relu

LA LIGUE

à peu près la contre-partie de ceux dont elle accuse les ligueurs. Près de Coetquidan, on montrait une maison pourvue d’un souterrain, qui avait appartenu à des huguenots cruels h Lorsque saint Jacques remontait la Vilaine en marchant sur les eaux, il avait dessein de s’arrêter à Rteux qui était alors une grande ville ; mais elle était pleine de huguenots qui ne lui permirent pas d’y entrer. Le saint irrité s'écria: « 0 ville de Rieux, tu seras détruite ! » et il alla fonder la ville de Redon 1 2. Un huguenot qui demeurait au château du Rufflay assassina un soir le recteur de Saiht-Donan. Depuis on voiL chaque nuit un corbillard, couvert de draperies de deuil, se diriger vers Saint-Brieuc, au galop de quatre chevaux noirs et sans conducteur visible 3 4 5.

Les protestants étaient, comme on sait, iconoclastes; à Carentoir ils voulurent brûler la statue de Notre-Dame placée dans un chêne où l’on venait la vénérer ; par trois fois ils la jetèrent dans un four chauffé à blanc, sans pouvoir la détruire L Un livret populaire raconte les insultes faites à une statue, et la punition qui atteignit le sacrilège: Trois soldats de l’infanterie logés au village de Soulcy (près de Châtillonsur-Seine) oysifs, estans près l'église du dict lieu au devant de laquelle y avoit une grande image de saint Antoine eslevée en pierre, après plusieurs propos par eux tenuz de la dicte image par dérision, l’armèrent d'un morion et d'une hallebarde, luy disans ces mots : Si tu as de la puissance, monstre la présentement contre nous et te défends. Et ce disant ruerent plusieurs coups des armes qu’ils avoient sur la dicte image; de quoy non contents, 1 un d'eux Lira contre icelle image deux ou trois harquebuzades, de l’une desquelles fut frappée icelle image en la face, et au mesme instant ledit soldat, s’écriant a haute voix dist ces mots : Je brusle ! et tomba mort en la terre, en la face duquel et au mesme endroit que la dite harquebuzade avoit atteintla dicte image apparut le feu qui le brusloit au dedans de la bouche, qui encore continuoit après sa mort

Les excès que commirent les mercenaires étrangers, à la solde des deux partis, sont aujourd’hui oubliés ; ils se sont confondus avec ceux des gens de guerre des diverses époques. Un écrivain du XVIe siècle nous a conservé un curieux trait qui peint la terreur qu’un général allemand inspirait aux paysans qui, de son vivant, en avaient fait un être fantastique. Durant que la barbare et cruelle armée des Reistres rauageoit la Bourgogne és années 1573 et 1576, les pauures villageois

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